LE FORÇAT DES BREVETS
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riences élégamment conçues de Fresnel étaient plus
complètes, et la présentation des résultats et l'analyse mathématique correspondante étaient si impeccablement minutieuses que la théorie ondulatoire commença à faire des
convertis de marque dès les années 1820. Fresnel les persuada
que la théorie ondulatoire pouvait mieux expliquer toute une
gamme de phénomènes optiques que la théorie corpusculaire
de Newton. Il répondit aussi à la vieille objection adressée à
la théorie ondulatoire : la lumière ne contourne jamais les
obstacles. Elle le peut, dit-il. Toutefois, puisque les ondes
lumineuses sont des millions de fois plus petites que les ondes
sonores, la déviation d'un faisceau lumineux par rapport à
une ligne droite est extrêmement petite et donc extrêmement difficile à détecter. Une onde ne peut contourner un
obstacle que s'il n'est guère plus grand qu'elle-même. Les
ondes sonores sont très longues et peuvent facilement
contourner la plupart des barrières qu'elles rencontrent.
Pour amener adversaires et sceptiques à se décider enfin
pour l'une ou l'autre des théories rivales, il fallait trouver des
observations pour lesquelles elles prédiraient sans équivoque
des résultats opposés. Des expériences effectuées en 1850 par
des compatriotes de Fresnel révélèrent que la vitesse de la
lumière était plus lente dans un milieu dense comme le verre
ou l'eau que dans l'air. C'était exactement ce que prédisait la
théorie ondulatoire. Mais il restait une question : si la lumière
était une onde, quelles étaient ses propriétés ? La parole est à
James Maxwell et à sa théorie de l'électromagnétisme.
Né en 1831 à Édimbourg, Maxwell, fils d'un propriétaire
terrien écossais, était destiné à devenir le plus grand physicien
théoricien du XIXe siècle. À quinze ans, il écrivit son premier
article publié sur une méthode géométrique pour tracer des
ovales. En 1855, il remporta la prix Adams de l'université de
Cambridge pour avoir démontré que les anneaux de Saturne
ne pouvaient pas être d'un seul tenant, mais devaient être
constitués de petits fragments de matière. En 1860, il suscita
la phase finale du développement de la théorie cinétique des
gaz en soutenant que leurs propriétés s'expliquaient par le
fait qu'ils étaient constitués de particules en mouvement.
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