78
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
anonyme de l'Office des brevets de Berne était devenu
célèbre dans le monde entier grâce à ses théories de la relativité et était généralement reconnu comme le plus grand
savant depuis Newton. Pourtant, sa théorie quantique de la
lumière était un peu trop radicale pour être acceptée par les
physiciens.
L'opposition têtue à l'idée des quanta de lumière avancée
par Einstein reposait sur les preuves écrasantes à l'appui
d'une théorie ondulatoire de la lumière. Toutefois, la nature
corpusculaire ou ondulatoire de la lumière avait déjà fait
l'objet de discussions passionnées. Au XVIIIe siècle et au début
du xrxe, c'est la théorie corpusculaire d'Isaac Newton qui avait
triomphé. «Mon Dessein dans cet Ouvrage n'est pas d'expliquer les Propriétés de la Lumière par des Hypothèses, écrivit
Newton au début de son Optique, mais de les proposer et de
les prouver par la Raison et les Expériences 65 • » Ces premières
expériences furent effectuées en 1666, lorsqu'il décomposa la
lumière dans les couleurs de l'arc-en-ciel avec un prisme et
reconstitua la lumière blanche avec un second prisme.
Newton croyait que les rayons lumineux étaient composés
de particules, qu'il dénommait «corpuscules», de «très petits
Corps émis par les Substances brillantes 66 », Comme ces particules de lumière se déplacent en ligne droite, pareille théorie
devrait, selon Newton, expliquer le fait quotidiennement
observé qu'on peut entendre parler quelqu'un derrière le
coin d'une rue, mais pas le voir, la lumière ne pouvant
contourner les obstacles.
Newton put donner une explication mathématique détaillée
d'une foule d'observations optiques, notamment la réflexion
et la réfraction - la déviation de la lumière quand elle passe
d'un milieu moins dense à un milieu plus dense. Il y avait
toutefois certaines autres propriétés de la lumière que sa
théorie ne pouvait expliquer. Par exemple, lorsqu'un faisceau
lumineux frappait une surface de verre, une partie du faisceau la traversait et le reste était réfléchi. Newton fut obligé
de se demander pourquoi certaines particules de lumière
étaient-elles réfléchies et d'autres non. Il fut forcé d'adapter
sa théorie à sa réponse. Les particules de lumière produi-
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
anonyme de l'Office des brevets de Berne était devenu
célèbre dans le monde entier grâce à ses théories de la relativité et était généralement reconnu comme le plus grand
savant depuis Newton. Pourtant, sa théorie quantique de la
lumière était un peu trop radicale pour être acceptée par les
physiciens.
L'opposition têtue à l'idée des quanta de lumière avancée
par Einstein reposait sur les preuves écrasantes à l'appui
d'une théorie ondulatoire de la lumière. Toutefois, la nature
corpusculaire ou ondulatoire de la lumière avait déjà fait
l'objet de discussions passionnées. Au XVIIIe siècle et au début
du xrxe, c'est la théorie corpusculaire d'Isaac Newton qui avait
triomphé. «Mon Dessein dans cet Ouvrage n'est pas d'expliquer les Propriétés de la Lumière par des Hypothèses, écrivit
Newton au début de son Optique, mais de les proposer et de
les prouver par la Raison et les Expériences 65 • » Ces premières
expériences furent effectuées en 1666, lorsqu'il décomposa la
lumière dans les couleurs de l'arc-en-ciel avec un prisme et
reconstitua la lumière blanche avec un second prisme.
Newton croyait que les rayons lumineux étaient composés
de particules, qu'il dénommait «corpuscules», de «très petits
Corps émis par les Substances brillantes 66 », Comme ces particules de lumière se déplacent en ligne droite, pareille théorie
devrait, selon Newton, expliquer le fait quotidiennement
observé qu'on peut entendre parler quelqu'un derrière le
coin d'une rue, mais pas le voir, la lumière ne pouvant
contourner les obstacles.
Newton put donner une explication mathématique détaillée
d'une foule d'observations optiques, notamment la réflexion
et la réfraction - la déviation de la lumière quand elle passe
d'un milieu moins dense à un milieu plus dense. Il y avait
toutefois certaines autres propriétés de la lumière que sa
théorie ne pouvait expliquer. Par exemple, lorsqu'un faisceau
lumineux frappait une surface de verre, une partie du faisceau la traversait et le reste était réfléchi. Newton fut obligé
de se demander pourquoi certaines particules de lumière
étaient-elles réfléchies et d'autres non. Il fut forcé d'adapter
sa théorie à sa réponse. Les particules de lumière produi-
