LE FORÇAT DES BREVETS
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attentes, se plaignait le physicien expérimental amencain
Robert Millikan, j'ai été forcé d'affirmer qu'elle était vérifiée
sans équivoque possible en dépit de son caractère déraisonnable, puisqu'elle semble enfreindre tout ce que nous savions
sur l'interférence de la lumière 61 • » Bien que Millikan ait reçu
le prix Nobel en 1923 en partie pour ces travaux, il se refusait
à envisager l'hypothèse quantique sousjacente, même confronté
à ses propres données : « La théorie physique sur laquelle se
fonde cette équation est totalement intenable 62 • » Depuis le
début, la plupart des physiciens avaient accueilli les quanta de
lumière d'Einstein avec une incrédulité et un cynisme similaires. Une poignée d'entre eux se demandaient si les quanta
de lumière existaient réellement où s'ils n'étaient qu'une
fiction d'utilité strictement pratique, conçue pour faciliter les
calculs. Au mieux, certains pensaient que la lumière et donc
toutes les radiations électromagnétiques ne consistaient pas
en quanta, mais seulement se comportaient comme si elles en
étaient quand elles échangeaient de l'énergie avec la matière 63 •
Leur chef de file était Max Planck.
Lorsqu'en 1913 Planck et trois autres collègues proposèrent
la candidature d'Einstein à l'Académie des sciences prussienne,
ils conclurent leur rapport en tentant d'excuser sa proposition
des quanta de lumière : « En somme, on peut dire que parmi
les problèmes importants, et qui sont si abondants dans la
physique moderne, il n'y en a pratiquement aucun sur lequel
Einstein n'ait pas pris position d'une manière remarquable. Le
fait qu'il ait pu parfois viser trop haut dans ses spéculations,
comme, par exemple, dans son hypothèse des quanta de
lumière, ne devrait pas trop être retenu contre lui. Parce que,
sans prendre de risque de temps à autre, il est impossible,
même dans la plus exacte des sciences de la nature, d'introduire de véritables innovations 64 • »
En 1915, avec les expériences minutieuses de Millikan, il
était difficile d'ignorer la validité de l'équation photoélectrique d'Einstein. En 1922, c'était devenu quasi impossible, lorsque Einstein reçut - un peu tard - le prix Nobel de
physique, mais explicitement pour sa loi de l'effet photoélectrique, décrite par sa formule, et non pour son explication
sous-jacente qui recourait aux quanta de lumière. L'employé
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attentes, se plaignait le physicien expérimental amencain
Robert Millikan, j'ai été forcé d'affirmer qu'elle était vérifiée
sans équivoque possible en dépit de son caractère déraisonnable, puisqu'elle semble enfreindre tout ce que nous savions
sur l'interférence de la lumière 61 • » Bien que Millikan ait reçu
le prix Nobel en 1923 en partie pour ces travaux, il se refusait
à envisager l'hypothèse quantique sousjacente, même confronté
à ses propres données : « La théorie physique sur laquelle se
fonde cette équation est totalement intenable 62 • » Depuis le
début, la plupart des physiciens avaient accueilli les quanta de
lumière d'Einstein avec une incrédulité et un cynisme similaires. Une poignée d'entre eux se demandaient si les quanta
de lumière existaient réellement où s'ils n'étaient qu'une
fiction d'utilité strictement pratique, conçue pour faciliter les
calculs. Au mieux, certains pensaient que la lumière et donc
toutes les radiations électromagnétiques ne consistaient pas
en quanta, mais seulement se comportaient comme si elles en
étaient quand elles échangeaient de l'énergie avec la matière 63 •
Leur chef de file était Max Planck.
Lorsqu'en 1913 Planck et trois autres collègues proposèrent
la candidature d'Einstein à l'Académie des sciences prussienne,
ils conclurent leur rapport en tentant d'excuser sa proposition
des quanta de lumière : « En somme, on peut dire que parmi
les problèmes importants, et qui sont si abondants dans la
physique moderne, il n'y en a pratiquement aucun sur lequel
Einstein n'ait pas pris position d'une manière remarquable. Le
fait qu'il ait pu parfois viser trop haut dans ses spéculations,
comme, par exemple, dans son hypothèse des quanta de
lumière, ne devrait pas trop être retenu contre lui. Parce que,
sans prendre de risque de temps à autre, il est impossible,
même dans la plus exacte des sciences de la nature, d'introduire de véritables innovations 64 • »
En 1915, avec les expériences minutieuses de Millikan, il
était difficile d'ignorer la validité de l'équation photoélectrique d'Einstein. En 1922, c'était devenu quasi impossible, lorsque Einstein reçut - un peu tard - le prix Nobel de
physique, mais explicitement pour sa loi de l'effet photoélectrique, décrite par sa formule, et non pour son explication
sous-jacente qui recourait aux quanta de lumière. L'employé
