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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
particulièrement développé 11 • » Bien qu'on puisse ne pas
partager cette opinion, il trouvait qu'il ne possédait aucun talent
particulier, hormis une curiosité passionnée. Or cette qualité -
que d'autres possédaient -, couplée avec son obstination, signifiait qu'il continuait à chercher la réponse à des questions
presque enfantines longtemps après que ses contemporains
eurent appris à cesser de les poser. Qu'est-ce qui se passerait si
on chevauchait un rayon lumineux ? C'est en essayant de
répondre à cette question qu'il entama le parcours qui l'amènerait, des décennies plus tard, à la théorie de la relativité.
En 1888, âgé de neuf ans, Einstein entra au Luitpold
Gymnasium ; il eut plus tard des mots amers à propos de sa
scolarité dans cet établissement. Alors que le jeune Max
Planck s'épanouissait sous une discipline stricte, quasi militaire, axée sur l'apprentissage par cœur, Einstein se rebellait.
En dépit du ressentiment qu'il éprouvait envers ses enseignants et leurs méthodes autoritaires, Einstein eut encore
une fois de bons résultats scolaires, bien que le programme
soit orienté vers les humanités. Il avait de très bonnes notes
en latin et s'en tirait bien en grec, même après que son
professeur lui eut dit« qu'on ne ferait jamais rien de lui 12 ».
L'insistance étouffante sur l'apprentissage mécanique au
lycée et pendant les leçons de musique que des professeurs
lui donnaient à la maison contrastait fortement avec
l'influence enrichissante d'un étudiant en médecine polonais
sans le sou, Max Talmud. Albert avait dix ans et Max, vingt et
un lorsqu'il commença à dîner chaque jeudi chez les Einstein,
qui avaient ainsi adapté la vieille tradition juive consistant à
inviter un étudiant en religion pauvre à partager le déjeuner
du sabbat. Talmud ne tarda pas à reconnaître un frère en
esprit en la personne du garçonnet curieux de tout. Ils passeraient bientôt des heures à discuter des livres que Talmud lui
avait donné à lire ou lui avait recommandés. Ils commencèrent par des ouvrages de vulgarisation scientifique qui mirent
un terme à ce qu'Einstein appela son« paradis religieux de la
jeunesse 13 ».
Les années passées dans une école catholique et l'instruction
religieuse judaïque donnée par un proche à la maison l'avaient
marqué. Einstein, à la grande surprise de ses parents laïques,
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
particulièrement développé 11 • » Bien qu'on puisse ne pas
partager cette opinion, il trouvait qu'il ne possédait aucun talent
particulier, hormis une curiosité passionnée. Or cette qualité -
que d'autres possédaient -, couplée avec son obstination, signifiait qu'il continuait à chercher la réponse à des questions
presque enfantines longtemps après que ses contemporains
eurent appris à cesser de les poser. Qu'est-ce qui se passerait si
on chevauchait un rayon lumineux ? C'est en essayant de
répondre à cette question qu'il entama le parcours qui l'amènerait, des décennies plus tard, à la théorie de la relativité.
En 1888, âgé de neuf ans, Einstein entra au Luitpold
Gymnasium ; il eut plus tard des mots amers à propos de sa
scolarité dans cet établissement. Alors que le jeune Max
Planck s'épanouissait sous une discipline stricte, quasi militaire, axée sur l'apprentissage par cœur, Einstein se rebellait.
En dépit du ressentiment qu'il éprouvait envers ses enseignants et leurs méthodes autoritaires, Einstein eut encore
une fois de bons résultats scolaires, bien que le programme
soit orienté vers les humanités. Il avait de très bonnes notes
en latin et s'en tirait bien en grec, même après que son
professeur lui eut dit« qu'on ne ferait jamais rien de lui 12 ».
L'insistance étouffante sur l'apprentissage mécanique au
lycée et pendant les leçons de musique que des professeurs
lui donnaient à la maison contrastait fortement avec
l'influence enrichissante d'un étudiant en médecine polonais
sans le sou, Max Talmud. Albert avait dix ans et Max, vingt et
un lorsqu'il commença à dîner chaque jeudi chez les Einstein,
qui avaient ainsi adapté la vieille tradition juive consistant à
inviter un étudiant en religion pauvre à partager le déjeuner
du sabbat. Talmud ne tarda pas à reconnaître un frère en
esprit en la personne du garçonnet curieux de tout. Ils passeraient bientôt des heures à discuter des livres que Talmud lui
avait donné à lire ou lui avait recommandés. Ils commencèrent par des ouvrages de vulgarisation scientifique qui mirent
un terme à ce qu'Einstein appela son« paradis religieux de la
jeunesse 13 ».
Les années passées dans une école catholique et l'instruction
religieuse judaïque donnée par un proche à la maison l'avaient
marqué. Einstein, à la grande surprise de ses parents laïques,
