LE FORÇAT DES BREVETS
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les phrases qu'il voulait énoncer jusqu'à ce qu'!l soit sûr de
leur perfection avant de les exprimer tout haut. A sept ans, au
grand soulagement de ses parents, Hermann et Pauline, il
commença à parler normalement. La famille habitait alors à
Munich depuis six ans. Ils s'y étaient installés afin que
Hermann puisse monter une entreprise d'électricité avec son
frère cadet Jakob comme associé.
En octobre 1885, alors que la dernière école privée juive de
Munich avait été fermée plus de dix ans auparavant, le jeune
Albert, âgé de six ans, fut envoyé à l'école la plus proche. Il
n'était pas surprenant, dans le bastion du catholicisme allemand, que l'éducation religieuse soit partie intégrante du
programme, mais les instituteurs dont il se souvint bien des
années plus tard «étaient progressistes et ne faisaient pas de
distinctions confessionnelles 9 », Si progressistes et tolérants
qu'aient pu être ses instituteurs, l'antisémitisme latent dans la
société allemande n'était jamais très loin, même à l'école.
Einstein n'oublia jamais la leçon d'instruction religieuse où
l'enseignant apprit à la classe comment le Christ avait été
cloué sur la Croix par les Juifs.
De tels incidents influençaient les jeunes esprits. « Parmi
les enfants, se souvint Einstein bien des années plus tard,
l'antisémitisme était vivace, surtout à l'école primaire 10 • » Ce
n'est pas surprenant qu'Einstein n'ait pas eu d'amis, ou très
peu, chez ses camarades de classe. «je suis véritablement un
voyageur solitaire et n'ai jamais appartenu à mon pays, ma
ville, mes amis ou même à ma famille immédiate de tout mon
cœur», écrivit-il en 1930. Quelle qu'ait pu être l'influence de
ses expériences à l'école sur le développement de sa personnalité, Einstein se décrivait lui-même comme un Einspiinner,
une voiture attelée d'un seul cheval.
Écolier, il s'adonnait à des occupations plutôt solitaires et
aimait par-dessus tout construire des châteaux de cartes de plus
en plus hauts. Âgé de dix ans seulement, il avait la patience et la
ténacité nécessaires pour les faire monter jusqu'à quatorze
étages. Ces traits, qui étaient déjà un élément fondamental de sa
personnalité, lui permettraient d'aller jusqu'au bout de ses idées
scientifiques, là où d'autres que lui auraient abandonné. «Dieu
m'a donné l'obstination d'un mulet, dit-il plus tard, et un flair
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les phrases qu'il voulait énoncer jusqu'à ce qu'!l soit sûr de
leur perfection avant de les exprimer tout haut. A sept ans, au
grand soulagement de ses parents, Hermann et Pauline, il
commença à parler normalement. La famille habitait alors à
Munich depuis six ans. Ils s'y étaient installés afin que
Hermann puisse monter une entreprise d'électricité avec son
frère cadet Jakob comme associé.
En octobre 1885, alors que la dernière école privée juive de
Munich avait été fermée plus de dix ans auparavant, le jeune
Albert, âgé de six ans, fut envoyé à l'école la plus proche. Il
n'était pas surprenant, dans le bastion du catholicisme allemand, que l'éducation religieuse soit partie intégrante du
programme, mais les instituteurs dont il se souvint bien des
années plus tard «étaient progressistes et ne faisaient pas de
distinctions confessionnelles 9 », Si progressistes et tolérants
qu'aient pu être ses instituteurs, l'antisémitisme latent dans la
société allemande n'était jamais très loin, même à l'école.
Einstein n'oublia jamais la leçon d'instruction religieuse où
l'enseignant apprit à la classe comment le Christ avait été
cloué sur la Croix par les Juifs.
De tels incidents influençaient les jeunes esprits. « Parmi
les enfants, se souvint Einstein bien des années plus tard,
l'antisémitisme était vivace, surtout à l'école primaire 10 • » Ce
n'est pas surprenant qu'Einstein n'ait pas eu d'amis, ou très
peu, chez ses camarades de classe. «je suis véritablement un
voyageur solitaire et n'ai jamais appartenu à mon pays, ma
ville, mes amis ou même à ma famille immédiate de tout mon
cœur», écrivit-il en 1930. Quelle qu'ait pu être l'influence de
ses expériences à l'école sur le développement de sa personnalité, Einstein se décrivait lui-même comme un Einspiinner,
une voiture attelée d'un seul cheval.
Écolier, il s'adonnait à des occupations plutôt solitaires et
aimait par-dessus tout construire des châteaux de cartes de plus
en plus hauts. Âgé de dix ans seulement, il avait la patience et la
ténacité nécessaires pour les faire monter jusqu'à quatorze
étages. Ces traits, qui étaient déjà un élément fondamental de sa
personnalité, lui permettraient d'aller jusqu'au bout de ses idées
scientifiques, là où d'autres que lui auraient abandonné. «Dieu
m'a donné l'obstination d'un mulet, dit-il plus tard, et un flair
