LE DÉMON QUANTIQUE
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qu'elle l'était, puisqu'elle avait subi avec succès tous les tests
expérimentaux à son époque -, alors le théorème de Bell
impliquait que toute théorie à variables cachées q_ui en reproduirait les résultats serait forcément non locale. A l'instar de
certains physiciens actuels, Bohr aurait tenu les résultats des
expériences d'Alain Aspect pour une confirmation de l'interprétation de Copenhague. Einstein aurait probablement
accepté la validité des résultats du test de l'inégalité de Bell
sans essayer de sauver la réalité locale au moyen d'une des
lacunes restant à combler dans ces expériences. Il y avait
cependant une autre issue qu'Einstein aurait pu accepter,
même si d'aucuns ont dit qu'elle viole l'esprit de la relativité,
le théorème de la non-signalisation.
On découvrit qu'il est impossible d'exploiter la non-localité
et l'intrication quantique pour communiquer instantanément
des informations utiles d'un lieu à un autre, puisque toute
mesure d'une des particules d'un couple intriqué produit un
résultat complètement aléatoire. Après avoir effectué une
telle mesure, un expérimentateur n'apprend rien d'autre que
la probabilité du résultat d'une mesure possible de l'autre
particule intriquée, mesure effectuée par un collègue dans un
lieu éloigné. La réalité est peut-être non locale et permettrait
des influences supraluminiques entre couples de particules
intriquées dans des lieux séparés, mais elle est bénigne, sans
«communication farfelue à distance».
Tandis que l'équipe d'Aspect et d'autres qui testèrent
l'inégalité de Bell éliminaient soit la localité, soit une réalité
objective, mais autorisaient une réalité non locale, un groupe
de chercheurs des universités de Vienne et de Gdansk devint
en 2006 le premier à tester en même temps la non-localité et
le réalisme. L'expérience s'inspirait des travaux du physicien
britannique sir Anthony Leggett. En 1973, pas encore anobli,
Leggett eut l'idée de modifier le théorème de Bell en supposant l'existence d'influences instantanées se transmettant
entre particules intriquées. En 2003, l'année où il reçut le
prix Nobel pour ses travaux sur les propriétés quantiques de
l'hélium liquide, Leggett proposa une nouvelle inégalité, qui
opposait les théories non locales à variables cachées à la
mécanique quantique.
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qu'elle l'était, puisqu'elle avait subi avec succès tous les tests
expérimentaux à son époque -, alors le théorème de Bell
impliquait que toute théorie à variables cachées q_ui en reproduirait les résultats serait forcément non locale. A l'instar de
certains physiciens actuels, Bohr aurait tenu les résultats des
expériences d'Alain Aspect pour une confirmation de l'interprétation de Copenhague. Einstein aurait probablement
accepté la validité des résultats du test de l'inégalité de Bell
sans essayer de sauver la réalité locale au moyen d'une des
lacunes restant à combler dans ces expériences. Il y avait
cependant une autre issue qu'Einstein aurait pu accepter,
même si d'aucuns ont dit qu'elle viole l'esprit de la relativité,
le théorème de la non-signalisation.
On découvrit qu'il est impossible d'exploiter la non-localité
et l'intrication quantique pour communiquer instantanément
des informations utiles d'un lieu à un autre, puisque toute
mesure d'une des particules d'un couple intriqué produit un
résultat complètement aléatoire. Après avoir effectué une
telle mesure, un expérimentateur n'apprend rien d'autre que
la probabilité du résultat d'une mesure possible de l'autre
particule intriquée, mesure effectuée par un collègue dans un
lieu éloigné. La réalité est peut-être non locale et permettrait
des influences supraluminiques entre couples de particules
intriquées dans des lieux séparés, mais elle est bénigne, sans
«communication farfelue à distance».
Tandis que l'équipe d'Aspect et d'autres qui testèrent
l'inégalité de Bell éliminaient soit la localité, soit une réalité
objective, mais autorisaient une réalité non locale, un groupe
de chercheurs des universités de Vienne et de Gdansk devint
en 2006 le premier à tester en même temps la non-localité et
le réalisme. L'expérience s'inspirait des travaux du physicien
britannique sir Anthony Leggett. En 1973, pas encore anobli,
Leggett eut l'idée de modifier le théorème de Bell en supposant l'existence d'influences instantanées se transmettant
entre particules intriquées. En 2003, l'année où il reçut le
prix Nobel pour ses travaux sur les propriétés quantiques de
l'hélium liquide, Leggett proposa une nouvelle inégalité, qui
opposait les théories non locales à variables cachées à la
mécanique quantique.
