LE THÉORÈME DE BELL SONNE LE GLAS
411
Bell savait que toute expérience réelle qui trouverait des
corrélations de spin conformes aux prédictions de la mécanique quantique pourrait être facilement contestée. Après
tout, il se pouvait que dans l'avenir quelqu'un élabore une
théorie à variables cachées qui prédirait exactement elle aussi
les corrélations de spin pour différentes orientations des
détecteurs. Bell fit alors une découverte étonnante. Il était
possible de décider entre les prédictions de la mécanique
quantique et celles de toute théorie à variables cachées en
mesurant les corrélations de couples d'électrons pour une
configuration donnée des détecteurs et en répétant ensuite
l'expérience avec une orientation différente.
Ce qui permit à Bell de calculer la corrélation totale pour
les deux configurations d'orientation en termes de résultats
individuels prédits par toute théorie locale à variables cachées.
Puisque, dans toute théorie de cette sorte, le résultat d'une
mesure effectuée par un détecteur ne peut être affecté par ce
qui est mesuré avec l'autre, il est possible de distinguer entre
les variables cachées et la mécanique quantique.
Bell réussit à calculer les limites du degré de corrélation de
spin entre couples d'électrons intriqués dans une expérience
EPR modifiée par Bohm. Il trouva qu'au royaume éthéré des
quanta il y a un plus grand degré de corrélation si la mécanique quantique règne en maîtresse absolue que dans tout
univers qui dépend de variables cachées et de la localité. Le
théorème de Bell disait qu'aucune théorie locale à variables
cachées ne pouvait reproduire le même ensemble de corrélations que la mécanique quantique. Toute théorie locale à
variables cachées conduirait à des corrélations de spin générant des nombres, appelés coefficients de corrélation, entre
-2 et +2. Or, pour certaines orientations des détecteurs de
spin, la mécanique quantique prédisait des coefficients de
corrélation qui se trouvaient à l'extérieur de la plage, appelée
« inégalité de Bell~ 9 », allant de -2 à +2.
Bien que Bell, avec ses cheveux roux et sa barbe pointue,
passe difficilement inaperçu, son extraordinaire théorème fut
ignoré. Ce n'était guère surprenant, car en 1964, si on voulait
se faire remarquer, il fallait être publié dans la Physical Review,
émanation de la Société de physique américaine. Le
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Bell savait que toute expérience réelle qui trouverait des
corrélations de spin conformes aux prédictions de la mécanique quantique pourrait être facilement contestée. Après
tout, il se pouvait que dans l'avenir quelqu'un élabore une
théorie à variables cachées qui prédirait exactement elle aussi
les corrélations de spin pour différentes orientations des
détecteurs. Bell fit alors une découverte étonnante. Il était
possible de décider entre les prédictions de la mécanique
quantique et celles de toute théorie à variables cachées en
mesurant les corrélations de couples d'électrons pour une
configuration donnée des détecteurs et en répétant ensuite
l'expérience avec une orientation différente.
Ce qui permit à Bell de calculer la corrélation totale pour
les deux configurations d'orientation en termes de résultats
individuels prédits par toute théorie locale à variables cachées.
Puisque, dans toute théorie de cette sorte, le résultat d'une
mesure effectuée par un détecteur ne peut être affecté par ce
qui est mesuré avec l'autre, il est possible de distinguer entre
les variables cachées et la mécanique quantique.
Bell réussit à calculer les limites du degré de corrélation de
spin entre couples d'électrons intriqués dans une expérience
EPR modifiée par Bohm. Il trouva qu'au royaume éthéré des
quanta il y a un plus grand degré de corrélation si la mécanique quantique règne en maîtresse absolue que dans tout
univers qui dépend de variables cachées et de la localité. Le
théorème de Bell disait qu'aucune théorie locale à variables
cachées ne pouvait reproduire le même ensemble de corrélations que la mécanique quantique. Toute théorie locale à
variables cachées conduirait à des corrélations de spin générant des nombres, appelés coefficients de corrélation, entre
-2 et +2. Or, pour certaines orientations des détecteurs de
spin, la mécanique quantique prédisait des coefficients de
corrélation qui se trouvaient à l'extérieur de la plage, appelée
« inégalité de Bell~ 9 », allant de -2 à +2.
Bien que Bell, avec ses cheveux roux et sa barbe pointue,
passe difficilement inaperçu, son extraordinaire théorème fut
ignoré. Ce n'était guère surprenant, car en 1964, si on voulait
se faire remarquer, il fallait être publié dans la Physical Review,
émanation de la Société de physique américaine. Le
