LE THÉORÈME DE BELL SONNE LE GLAS
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plus l'expérience de Bertlmann, fournit immédiatement une
information sur la seconde. On ne discute pas des goûts et
des couleurs, mais à part cela, il n'y a ici pas de mystère. N'en
est-il pas de même dans l'expérience EPR 56 ? » Comme pour
la couleur des chaussettes de Bertlmann, étant donné que le
spin de la particule mère est zéro, il n'est pas surprenant que,
une fois que le spin de l'électron A a été mesuré « en haut »
dans une direction, le spin de l'électron B sur le même axe
soit confirmé comme étant «en bas».
Selon Bohr, tant qu'aucune mesure n'a été effectuée, ni
l'électron A ni l'électron B ne possèdent un spin pré-existant
dans aucune direction. « C'est comme si nous avions fini par
nier la réalité des chaussettes de Bertlmann, dit Bell, ou du
moins de leurs couleurs, quand on ne les regarde pas 5 7 • » Au
lieu de quoi, avant d'être observés, les électrons existent dans
une superposition d'états fantomatiques, si bien qu'ils sont en
haut et en bas en même temps. Puisque les deux électrons
sont intriqués, l'information concernant l'état de leur spin est
donnée par une fonction d'onde similaire à 'V= (A spin-enhaut et B spin-en-bas) + (A spin-en-bas et B spin-en-haut).
L'électron A n'a pas de composante x de spin avant qu'une
mesure effectuée pour la déterminer fasse s'effondrer la fonction d'onde du système !' -- et B, après quoi elle est soit «en
haut», soit «en bas». A cet instant précis, son partenaire
intriqué B acquiert le spin opposé dans la même direction,
même s'il est à l'autre bout de l'univers. L'interprétation de
Copenhague est non locale.
Einstein expliquerait ces corrélations en avançant que les
deux électrons possèdent chacun des valeurs de spin définies
sur chacun des trois axes x, y et z, qu'elles soient mesurées ou
non. Pour Einstein, disait Bell, « ces corrélations montraient
simplement que les théoriciens des quanta s'étaient hâtés de
rejeter la réalité de l'univers microscopiquess ».Le fait que les
états de spin pré-existants du couple d'électrons ne puissent
être pris en compte par la mécanique quantique amena Einstein à conclure que cette théorie était incomplète. Il n'en
contesta pas l'exactitude, mais seulement le fait que ce n'était
pas une représentation complète de la réalité physique au
niveau quantique.
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