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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
des pionniers du quantum. Néanmoins, le petit John Bell
plongé dans ses bouquins n'avait pas dix ans qu'on l'avait
déjà surnommé « le Prof», avant même qu'il dise à sa famille
qu'il voulait devenir un savant.
Il avait une sœur aînée et deux frères cadets, et bien que
leur mère estime qu'une bonne instruction était le garant
d'une future prospérité pour ses enfants, John fut le seul qui,
à onze ans, poursuive des études secondaires. Ce n'était pas le
manque de capacités qui avait empêché sa sœur et ses frères
d'avoir les mêmes chances, mais uniquement le manque
d'argent dans une famille qui se débattait en permanence
pour joindre les deux bouts. Par bonheur, la famille hérita
d'une petite somme s'argent qui permit à Bell de s'inscrire à
la Belfast Technical High School. Elle n'était certes pas aussi
prestigieuse que certaines des autres écoles de la ville, mais
elle proposait un programme combinant théorie et pratique
qui convenait à Bell. A seize ans, en 1944, il obtint les qualifications nécessaires pour étudier à Queen's University dans sa
ville natale.
Comme il fallait avoir au moins dix-sept ans pour être
admis et que ses parents ne pouvaient financer ses études
universitaires, Bell chercha du travail et en trouva par hasard
comme assistant préparateur au laboratoire du département
de physique de Queen's. Très vite, les deux physiciens
chevronnés responsables du laboratoire reconnurent les dons
de Bell et l'autorisèrent à assister aux cours de première
année chaque fois que ses horaires le lui permettaient. Son
enthousiasme et son talent manifeste furent récompensés par
une modeste bourse d'études, laquelle, avec l'argent qu'il
avait pu mettre de côté, lui permit, une fois son année de
laborantin terminée, de réintégrer l'université comme étudiant
de physique en bonne et due forme. Vu les sacrifices auxquels
ses parents et lui-même avaient consenti, Bell était concentré
et motivé. Il se révéla un étudiant exceptionnel et obtint sa
licence de physique en 1948 puis, un an plus tard, une
licence de physique mathématique.
«J'avais très mauvaise conscience d'avoir vécu si longtemps
aux crochets de mes parents, et je me suis dit qu'il fallait que
je trouve du travail 19 »,avoua Bell. Avec ces deux diplômes et
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