LE THÉORÈME DE BELL SONNE LE GLAS
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d'EPR était de démontrer que la particule B possédait cette
propriété qu'elle soit ou non l'objet d'une mesure, et,
puisque c'était là un fait que la mécanique quantique ne
décrivait pas, qu'elle était donc incomplète. Bohr répliqua,
bien moins succinctement, que les deux particules étaient
intriquées et formaient un système unique quelle que soit la
distance qui les sépare. Par conséquent, si on en mesurait
une, alors on mesurait aussi l'autre.
« Si l'affirmation [d'EPR] pouvait être prouvée, écrivait
Bohm, alors on serait amené à chercher une théorie plus
complète, contenant peut-être quelque chose comme des
variables cachées, sous l'angle desquelles la théorie quantique
actuelle serait un cas restrictifi. » Mais il concluait que « la
théorie quantique n'est pas cohérente avec la présomption de
variables causales cachées 7 ». Bohm considérait la théorie des
quanta du point de vue majoritaire de l'école de Copenhague. Toutefois, en écrivant son traité, il finit par trouver
inadéquate l'interprétation de Bohr, tandis qu'il approuvait
que d'autres réfutent l'argumentation d'EPR comme « injustifiée, et fondée sur des hypothèses concernant la nature de la
matière qui contredisent implicitement la théorie quantique
dès le début 8 >>.
C'était la subtilité de l'expérience de pensée EPR et ce
qu'il finit par considérer comme les hypothèses raisonnables
sur lesquelles elle était construite qui amenèrent Bohm à
mettre en question l'interprétation de Copenhague. Démarche
courageuse de la part d'un jeune physicien dont les contemporains s'affairaient à utiliser la théorie des quanta pour se
faire une réputation plutôt que de risquer un suicide professionnel en tisonnant les braises d'un foyer mourant. Mais
Bohm était déjà repéré : après sa comparution devant la
Commission parlementaire sur les activités non américaines
et sa suspension de l'université de Princeton, il n'avait plus
grand-chose à perdre.
Bohm envoya un exemplaire de sa Théorie quantique à Einstein et discuta de ses doutes avec le plus célèbre habitant de
Princeton. Encouragé à examiner de plus près l'interprétation de Copenhague, Bohm produisit deux articles qui parurent en janvier 1952. Dans le premier, il remerciait
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