LA RÉALITÉ QUANTIQUE
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ment brisée: les nazis déclarèrent la loi martiale après que le
gouvernement eut rejeté leurs exigences que l'état d'urgence
soit déclaré et que les actes de sabotage soient punis de mort.
Ensuite, le 28 septembre, Hitler ordonna la déportation des
huit mille Juifs danois. Un fonctionnaire allemand compatissant informa deux politiciens danois que les rafles commenceraient le 1er octobre à 21 heures. L'information se propagea
rapidement et presque tous les Juifs disparurent, cachés chez
des compatriotes danois, trouvant asile dans les églises ou
déguisés en malades dans les hôpitaux. Les nazis réussirent à
rassembler moins de trois cents juifs. Bohr, dont la mère était
juive, réussit à fuir en Suède avec sa famille. De là, il gagna
l'Écosse à bord d'un bombardier britannique et faillit mourir
asphyxié parce qu'il voyageait dans la soute à bombes et
portait un masque à oxygène mal adapté. Il rencpntra des
politiciens britanniques puis se rendit bientôt aux Etats-Unis,
où, après sa brève visite à Princeton, il travailla sur la bombe
atomique sous le pseudonyme de «Nicholas Baker».
Après la guerre, Bohr regagna son institut à Copenhague,
et Einstein déclara qu'il n'avait «pas de sympathie pour
aucun vrai Allemand 79 ». Il avait quand même une sympathie
durable pour Planck, qui avait survécu à tous les enfants de
son premier mariage. La mort de son plus jeune fils fut la
plus amère de toutes les épreuves que subit Planck au cours
de sa longue vie. EIWin, sous-secrétaire d'État à la Chancellerie du Reich avant l'arrivée au pouvoir des nazis, fut soupçonné d'avoir participé à l'attentat manqué contre Hitler en
juillet 1944. Arrêté et torturé par la Gestapo, il fut reconnu
coupable de complicité dans la tentative d'assassinat. À un
moment, il y eut une lueur d'espoir quand Planck, selon ses
propres termes, «remua le ciel et l'enfer 80 » pour faire
commuer la peine de mort en peine de prison. Ensuite, sans
préavis, EIWin fut pendu à Berlin en février 1945. On avait
refusé à Planck la possibilité de voir son fils une dernière
fois : « Il était une précieuse partie de mon être. Il était mon
rayon de soleil, ma fierté, mon espoir. Les mots ne peuvent
décrire ce que j'ai perdu avec lui 81 • »
Lorsqu'il apprit la nouvelle que Planck était mort, à quatrevingt-neuf ans, des suites d'une attaque le 4 octobre 1947,
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