lA RÉALITÉ QUANTIQUE
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tique était une théorie fondamentale complète de la nature,
et c'est sur elle qu'il édifia sa conception philosophique du
monde. Ce qui le conduisit à déclarer: <
quantique. Il n'y a qu'une description mécanique quantique
abstraite. C'est une erreur de croire que la tâche de la
physique est de découvrir comment est la nature. La physique
concerne ce que nous pouvons dire de la nature 64 • » Einstein,
lui, choisit la démarche inverse. Il fonda son évaluation de la
mécanique quantique sur la croyance inébranlable en l'existence d'une réalité causale indépendante de l'observateur.
Par conséquent, il ne pourrait jamais accepter l'interprétation
de Copenhague. << Ce que nous appelons science, affirmait
Einstein, a pour unique but de déterminer ce qui est 65 • »
Bohr donnait la priorité à la théorie, ensuite venait la position philosophique, l'interprétation élaborée pour donner
sens à ce que la théorie nous dit de la réalité. Einstein savait
qu'il était dangereux d'édifier une conception philosophique
du monde sur la base d'une théorie scientifique, quelle
qu'elle soit. Si la théorie se trouve invalidée à la lumière de
nouvelles données expérimentales, 1 'édifice philosophique
qu'elle soutient s'effondre avec elle. <
physique que de supposer l'existence d'un monde réel indépendamment de tout acte de perception, disait Einstein. Mais
nous ne le savons pas 66 • »
Réaliste dans sa philosophie, Einstein savait que pareille
position ne pouvait être justifiée. C'était une « croyance »
concernant la réalité qui n'était pas démontrable. Quoi qu'il
en soit, pour Einstein, «c'est l'existence et la réalité que l'on
désire appréhender 67 », <
que "religieuse" pour la confiance en la nature rationnelle de
la réalité dans la mesure où elle est accessible à la raison
humaine, écrivit-il à Maurice Solovine. Chaque fois que ce
sentiment est absent, la science dégénère en un empirisme
sans inspiration 68 • »
Heisenberg comprenait qu'Einstein et Schrôdinger
veuillent << revenir au concept de réalité de la physique classique ou, pour utiliser un terme philosophique plus général,
à l'ontologie du matérialisme 69 »,La croyance en un« monde
réel objectif dont les parties les plus petites existent objective-
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tique était une théorie fondamentale complète de la nature,
et c'est sur elle qu'il édifia sa conception philosophique du
monde. Ce qui le conduisit à déclarer: <
abstraite. C'est une erreur de croire que la tâche de la
physique est de découvrir comment est la nature. La physique
concerne ce que nous pouvons dire de la nature 64 • » Einstein,
lui, choisit la démarche inverse. Il fonda son évaluation de la
mécanique quantique sur la croyance inébranlable en l'existence d'une réalité causale indépendante de l'observateur.
Par conséquent, il ne pourrait jamais accepter l'interprétation
de Copenhague. << Ce que nous appelons science, affirmait
Einstein, a pour unique but de déterminer ce qui est 65 • »
Bohr donnait la priorité à la théorie, ensuite venait la position philosophique, l'interprétation élaborée pour donner
sens à ce que la théorie nous dit de la réalité. Einstein savait
qu'il était dangereux d'édifier une conception philosophique
du monde sur la base d'une théorie scientifique, quelle
qu'elle soit. Si la théorie se trouve invalidée à la lumière de
nouvelles données expérimentales, 1 'édifice philosophique
qu'elle soutient s'effondre avec elle. <
nous ne le savons pas 66 • »
Réaliste dans sa philosophie, Einstein savait que pareille
position ne pouvait être justifiée. C'était une « croyance »
concernant la réalité qui n'était pas démontrable. Quoi qu'il
en soit, pour Einstein, «c'est l'existence et la réalité que l'on
désire appréhender 67 », <
la réalité dans la mesure où elle est accessible à la raison
humaine, écrivit-il à Maurice Solovine. Chaque fois que ce
sentiment est absent, la science dégénère en un empirisme
sans inspiration 68 • »
Heisenberg comprenait qu'Einstein et Schrôdinger
veuillent << revenir au concept de réalité de la physique classique ou, pour utiliser un terme philosophique plus général,
à l'ontologie du matérialisme 69 »,La croyance en un« monde
réel objectif dont les parties les plus petites existent objective-
