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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
l'incomplétude de la mécanique quantique parce que cette
théorie ne pouvait offrir que des probabilités là où il y avait
de la certitude. Il demanda à Schrôdinger de considérer un
baril de poudre instable qui explose spontanément à un
moment ou un autre au cours de l'année à venir. Au début,
la fonction d'onde décrit un état bien défini - un baril de
poudre qui n'a pas explosé. Mais au bout d'un an, la fonction
d'onde «décrit une sorte de mélange entre systèmes préexplosion et systèmes post-explosion 50 ». «Aucune interprétation, si habile soit-elle, ne peut transformer cette fonction
d'onde en une description adéquate d'un état de choses réel,
dit Einstein à Schrôdinger, [car] en réalité il n'y a aucun
intermédiaire entre explosion et non-explosion 51 • » Soit le
baril a explosé, soit il n'a pas explosé. C'était, commenta Einstein, un « exemple macroscopique grossier » qui exhibe les
mêmes «difficultés » que celles rencontrées dans l'expérience de pensée EPR.
L'avalanche de lettres qu'il échangea avec Einstein entre
juin et août 1935 avait incité Schrôdinger à examiner l'interprétation de Copenhague. Le fruit de ce dialogue fut un
essai en trois parties publié entre le 29 novembre et le
13 décembre. Schrôdinger avoua qu'il ne savait pas s'il fallait
appeler « La situation actuelle en mécanique quantique >> un
«rapport>> ou une « confession générale>>. Quoi qu'il en soit,
l'essai contenait un paragraphe qui aurait un impact durable:
«Un chat est enfermé dans une enceinte en acier, avec le
dispositif diabolique suivant (qui doit être protégé de toute
intervention directe de la part du chat) : dans un compteur
Geiger, il y a une quantité infime d'une substance radioactive,
si petite que, peut-être, au cours d'une heure, l'un des atomes
se désintègre, mais qu'aussi, avec une égale probabilité,
aucun ne se désintègre ; si cela se produit, le tube du compteur se décharge et libère via un relais un mart~au qui brise
un petit flacon d'acide cyanhydrique. Si on a laissé ce système
tout entier livré à lui-même pendant une heure, on pourrait
dire que le chat vit encore si aucun atome ne s'est désintégré
entre-temps. La première désintégration l'aurait empoisonné.
La fonction d'onde du système tout entier exprimerait cela
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
l'incomplétude de la mécanique quantique parce que cette
théorie ne pouvait offrir que des probabilités là où il y avait
de la certitude. Il demanda à Schrôdinger de considérer un
baril de poudre instable qui explose spontanément à un
moment ou un autre au cours de l'année à venir. Au début,
la fonction d'onde décrit un état bien défini - un baril de
poudre qui n'a pas explosé. Mais au bout d'un an, la fonction
d'onde «décrit une sorte de mélange entre systèmes préexplosion et systèmes post-explosion 50 ». «Aucune interprétation, si habile soit-elle, ne peut transformer cette fonction
d'onde en une description adéquate d'un état de choses réel,
dit Einstein à Schrôdinger, [car] en réalité il n'y a aucun
intermédiaire entre explosion et non-explosion 51 • » Soit le
baril a explosé, soit il n'a pas explosé. C'était, commenta Einstein, un « exemple macroscopique grossier » qui exhibe les
mêmes «difficultés » que celles rencontrées dans l'expérience de pensée EPR.
L'avalanche de lettres qu'il échangea avec Einstein entre
juin et août 1935 avait incité Schrôdinger à examiner l'interprétation de Copenhague. Le fruit de ce dialogue fut un
essai en trois parties publié entre le 29 novembre et le
13 décembre. Schrôdinger avoua qu'il ne savait pas s'il fallait
appeler « La situation actuelle en mécanique quantique >> un
«rapport>> ou une « confession générale>>. Quoi qu'il en soit,
l'essai contenait un paragraphe qui aurait un impact durable:
«Un chat est enfermé dans une enceinte en acier, avec le
dispositif diabolique suivant (qui doit être protégé de toute
intervention directe de la part du chat) : dans un compteur
Geiger, il y a une quantité infime d'une substance radioactive,
si petite que, peut-être, au cours d'une heure, l'un des atomes
se désintègre, mais qu'aussi, avec une égale probabilité,
aucun ne se désintègre ; si cela se produit, le tube du compteur se décharge et libère via un relais un mart~au qui brise
un petit flacon d'acide cyanhydrique. Si on a laissé ce système
tout entier livré à lui-même pendant une heure, on pourrait
dire que le chat vit encore si aucun atome ne s'est désintégré
entre-temps. La première désintégration l'aurait empoisonné.
La fonction d'onde du système tout entier exprimerait cela
