374
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
concluait que, puisque (( ces conditions constituent un élément
inhérent à la description de tout phénomène auquel le terme
de "réalité physique" peut-être légitimement attaché, nous
voyons que l'argumentation de nos auteurs ne justifie pas leur
conclusion que la description donnée par la mécanique quantique est essentiellement incomplète 37 ».
Einstein se moqua des «forces vaudou» et des « interactions farfelues » de Bohr. « Il est apparemment difficile de
voir quelles cartes le Tout-Puissant tient en main, écrivit-il
plus tard. Mais je ne croirai pas une seule minute qu'il lance
les dés ou se sert de procédés "télépathiques" (comme
voudrait le faire accroire la théorie des quanta actuelle)~ 8 • » Il
dit à Born que « la physique devrait représenter la réalité
dans le temps et l'espace, dépourvue de toute action fantaisiste à distance 39 ».
L'article EPR exprimait la conviction d 'Einstein que l'interprétation de Copenhague de la théorie des quanta et l'existence d'une réalité objective étaient incompatibles. Il avait
raison, et Bohr le savait. «Il n'y a pas d'univers quantique. Il
n'y a qu'une description mécanique quantique abstraite 40 »,
affirmait-t-il. Selon l'interprétation de Copenhague, les particules n'ont pas de réalité indépendante, elles ne possèdent
pas de propriétés quand elles ne sont pas observées, conception qui fut résumée succinctement plus tard par le physicien
américain John Archibald Wheeler: aucun phénomène
élémentaire n'est un phénomène réel avant d'être un phénomène observé. Un an avant EPR, Pascual jordan porta le rejet
d'une réalité indépendante de l'observateur jusqu'à sa
conclusion logique: «Nous produisons nous-mêmes les résultats de la mesuré 1 • »
« Maintenant, nous allons être obligés de tout recommencer, dit Paul Dirac, parce que Einstein a prouvé que ça ne
marche pas 42 • » Dirac crut d'abord qu'Einstein avait porté un
coup fatal à la mécanique quantique. Mais bientôt, comme la
plupart des physiciens, il admit que Bohr était, une fois de
plus, sorti victorieux d'un affrontement avec Einstein. La
mécanique quantique avait depuis longtemps prouvé sa
valeur, et on ne se bousculait pas pour examiner de trop près
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
concluait que, puisque (( ces conditions constituent un élément
inhérent à la description de tout phénomène auquel le terme
de "réalité physique" peut-être légitimement attaché, nous
voyons que l'argumentation de nos auteurs ne justifie pas leur
conclusion que la description donnée par la mécanique quantique est essentiellement incomplète 37 ».
Einstein se moqua des «forces vaudou» et des « interactions farfelues » de Bohr. « Il est apparemment difficile de
voir quelles cartes le Tout-Puissant tient en main, écrivit-il
plus tard. Mais je ne croirai pas une seule minute qu'il lance
les dés ou se sert de procédés "télépathiques" (comme
voudrait le faire accroire la théorie des quanta actuelle)~ 8 • » Il
dit à Born que « la physique devrait représenter la réalité
dans le temps et l'espace, dépourvue de toute action fantaisiste à distance 39 ».
L'article EPR exprimait la conviction d 'Einstein que l'interprétation de Copenhague de la théorie des quanta et l'existence d'une réalité objective étaient incompatibles. Il avait
raison, et Bohr le savait. «Il n'y a pas d'univers quantique. Il
n'y a qu'une description mécanique quantique abstraite 40 »,
affirmait-t-il. Selon l'interprétation de Copenhague, les particules n'ont pas de réalité indépendante, elles ne possèdent
pas de propriétés quand elles ne sont pas observées, conception qui fut résumée succinctement plus tard par le physicien
américain John Archibald Wheeler: aucun phénomène
élémentaire n'est un phénomène réel avant d'être un phénomène observé. Un an avant EPR, Pascual jordan porta le rejet
d'une réalité indépendante de l'observateur jusqu'à sa
conclusion logique: «Nous produisons nous-mêmes les résultats de la mesuré 1 • »
« Maintenant, nous allons être obligés de tout recommencer, dit Paul Dirac, parce que Einstein a prouvé que ça ne
marche pas 42 • » Dirac crut d'abord qu'Einstein avait porté un
coup fatal à la mécanique quantique. Mais bientôt, comme la
plupart des physiciens, il admit que Bohr était, une fois de
plus, sorti victorieux d'un affrontement avec Einstein. La
mécanique quantique avait depuis longtemps prouvé sa
valeur, et on ne se bousculait pas pour examiner de trop près
