LA RÉALITÉ QUANTIQUE
373
Si, comme Bohr le concédait à EPR, il n'y a pas de perturbation physique directe de la particule B, alors ses « éléments
de réalité physique » doivent être définis par la nature du
dispositif de mesure et la mesure effectuée sur A.
Pour EPR, si la quantité de mouvement de B est un
élément de réalité, alors une mesure de la quantité de mouvement de A ne peut affecter B. Elle permet simplement le
calcul de la quantité de mouvement que possède la particule
A indépendamment de toute mesure. Le critère de réalité
EPR suppose que, si les particules A et B n'exercent aucune
force physique l'une sur l'autre, alors tout ce qui peut arriver
à l'une ne peut « perturber » l'autre. Toutefois, d'après Bohr,
puisque A et B avaient interagi une fois avant de s'éloigner
l'une de l'autre, elles étaient à jamais liées en tant que parties
d'un système unique et ne pouvaient être traitées individuellement comme deux particules séparées. Par conséquent,
soumettre A à une mesure de sa quantité de mouvement était
pratiquement la même chose que de pratiquer une mesure
directe sur B, ce qui conduisait instantanément à la doter
d'une quantité de mouvement bien définie.
Bohr convenait qu'il n'y avait pas de perturbation « mécanique » de la particule B due à une observation de la particule A. Comme EPR, lui aussi excluait la possibilité d'une
force physique, poussée ou traction, agissant à distance.
Toutefois, si la réalité de la position ou de la quantité de
mouvement de la particule B est déterminée par des mesures
pratiquées sur la particule A, il semble qu'il y ait une certaine
« influence » instantanée agissant à distance. Ce qui viole la
localité, le fait que ce qui arrive à la particule A ne peut
instantanément affecter la particule B, et la séparabilité, le
fait que A et B existent indépendamment l'une de l'autre. Ces
deux concepts étaient au cœur de l'argumentation d'EPR et
de la conception einsteinienne d'une réalité indépendante de
l'observateur. Bohr soutenait cependant qu'une mesure de la
particule A, d'une manière ou d'une autre, «influençait»
instantanément la particule B 35 • Il ne s'étendit pas sur la
nature de cette mystérieuse « influence sur les conditions
mêmes qui définissent les types possibles de prédictions
concernant le comportement ultérieur du système 36 ». Bohr
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Si, comme Bohr le concédait à EPR, il n'y a pas de perturbation physique directe de la particule B, alors ses « éléments
de réalité physique » doivent être définis par la nature du
dispositif de mesure et la mesure effectuée sur A.
Pour EPR, si la quantité de mouvement de B est un
élément de réalité, alors une mesure de la quantité de mouvement de A ne peut affecter B. Elle permet simplement le
calcul de la quantité de mouvement que possède la particule
A indépendamment de toute mesure. Le critère de réalité
EPR suppose que, si les particules A et B n'exercent aucune
force physique l'une sur l'autre, alors tout ce qui peut arriver
à l'une ne peut « perturber » l'autre. Toutefois, d'après Bohr,
puisque A et B avaient interagi une fois avant de s'éloigner
l'une de l'autre, elles étaient à jamais liées en tant que parties
d'un système unique et ne pouvaient être traitées individuellement comme deux particules séparées. Par conséquent,
soumettre A à une mesure de sa quantité de mouvement était
pratiquement la même chose que de pratiquer une mesure
directe sur B, ce qui conduisait instantanément à la doter
d'une quantité de mouvement bien définie.
Bohr convenait qu'il n'y avait pas de perturbation « mécanique » de la particule B due à une observation de la particule A. Comme EPR, lui aussi excluait la possibilité d'une
force physique, poussée ou traction, agissant à distance.
Toutefois, si la réalité de la position ou de la quantité de
mouvement de la particule B est déterminée par des mesures
pratiquées sur la particule A, il semble qu'il y ait une certaine
« influence » instantanée agissant à distance. Ce qui viole la
localité, le fait que ce qui arrive à la particule A ne peut
instantanément affecter la particule B, et la séparabilité, le
fait que A et B existent indépendamment l'une de l'autre. Ces
deux concepts étaient au cœur de l'argumentation d'EPR et
de la conception einsteinienne d'une réalité indépendante de
l'observateur. Bohr soutenait cependant qu'une mesure de la
particule A, d'une manière ou d'une autre, «influençait»
instantanément la particule B 35 • Il ne s'étendit pas sur la
nature de cette mystérieuse « influence sur les conditions
mêmes qui définissent les types possibles de prédictions
concernant le comportement ultérieur du système 36 ». Bohr
