lA RÉALITÉ QUANTIQUE
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n'était pas conçue pour mesurer simultanément la position et
la quantité de mouvement d'une particule.
Il le reconnaissait quand il écrivait que dans l'expérience
imaginaire d'EPR «il n'est pas question d'une perturbation
mécanique du système étudië 9 », C'était une concession
publique significative, une qu'il avait faite en privé quelques
années plus tôt lorsque lui-même, Heisenberg, Hendrik
Kramers et Oskar Klein faisaient cercle autour de l'âtre dans
sa maison de campagne de Tisvilde. «N'est-ce pas bizarre,
demanda Klein, qu'Einstein éprouve de si grandes difficultés
à accepter le rôle du hasard dans la physique atomique 30 ? »
C'est parce que «nous ne pouvons pas faire d'observations
sans perturber les phénomènes, dit Heisenberg. Les effets
quantiques que nous introduisons avec nos observations introduisent automatiquement une certaine dose d'incertitude
dans le phénomène à observer. Cet Einstein refuse de
l'accepter, bien qu'il soit parfaitement au courant des faits 31 »,
«je ne suis pas entièrement d'accord avec vous 32 , dit Bohr à
Heisenberg. En tout cas, je trouve toutes les assertions comme
"l'observation introduit l'incertitude dans le phénomène"
inexactes et trompeuses. La Nature nous a enseigné que le
terme de "phénomène" ne peut s'appliquer aux processus
atomiques à moins qu'on ne précise également quel dispositif
expérimental ou quels instruments d'observation sont impliqués. Si un dispositif expérimental particulier a été défini et
qu'une observation particulière suit, alors nous pouvons, j'en
conviens, parler d'un phénomène, mais pas de sa perturbation par l'observation 3 • » Il n'empêche qu'avant, pendant et
après les congrès Solvay, le fait que l'acte de mesurer
perturbe l'objet observé était abondamment documenté dans
les écrits de Bohr et était essentiel à son démontage des expériences de pensée einsteiniennes.
Sous la pression de l'examen continuel auquel Einstein
soumettait l'interprétation de Copenhague, Bohr renonça à
s'appuyer sur la «perturbation » : il savait qu'elle impliquait
qu'un électron, par exemple, existait dans un état qui pouvait
être perturbé. Au lieu de quoi, Bohr soulignait maintenant
que tout objet microphysique en train d'être mesuré et le
dispositif effectuant la mesure formaient un tout indivisible -
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n'était pas conçue pour mesurer simultanément la position et
la quantité de mouvement d'une particule.
Il le reconnaissait quand il écrivait que dans l'expérience
imaginaire d'EPR «il n'est pas question d'une perturbation
mécanique du système étudië 9 », C'était une concession
publique significative, une qu'il avait faite en privé quelques
années plus tôt lorsque lui-même, Heisenberg, Hendrik
Kramers et Oskar Klein faisaient cercle autour de l'âtre dans
sa maison de campagne de Tisvilde. «N'est-ce pas bizarre,
demanda Klein, qu'Einstein éprouve de si grandes difficultés
à accepter le rôle du hasard dans la physique atomique 30 ? »
C'est parce que «nous ne pouvons pas faire d'observations
sans perturber les phénomènes, dit Heisenberg. Les effets
quantiques que nous introduisons avec nos observations introduisent automatiquement une certaine dose d'incertitude
dans le phénomène à observer. Cet Einstein refuse de
l'accepter, bien qu'il soit parfaitement au courant des faits 31 »,
«je ne suis pas entièrement d'accord avec vous 32 , dit Bohr à
Heisenberg. En tout cas, je trouve toutes les assertions comme
"l'observation introduit l'incertitude dans le phénomène"
inexactes et trompeuses. La Nature nous a enseigné que le
terme de "phénomène" ne peut s'appliquer aux processus
atomiques à moins qu'on ne précise également quel dispositif
expérimental ou quels instruments d'observation sont impliqués. Si un dispositif expérimental particulier a été défini et
qu'une observation particulière suit, alors nous pouvons, j'en
conviens, parler d'un phénomène, mais pas de sa perturbation par l'observation 3 • » Il n'empêche qu'avant, pendant et
après les congrès Solvay, le fait que l'acte de mesurer
perturbe l'objet observé était abondamment documenté dans
les écrits de Bohr et était essentiel à son démontage des expériences de pensée einsteiniennes.
Sous la pression de l'examen continuel auquel Einstein
soumettait l'interprétation de Copenhague, Bohr renonça à
s'appuyer sur la «perturbation » : il savait qu'elle impliquait
qu'un électron, par exemple, existait dans un état qui pouvait
être perturbé. Au lieu de quoi, Bohr soulignait maintenant
que tout objet microphysique en train d'être mesuré et le
dispositif effectuant la mesure formaient un tout indivisible -
