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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
EPR s'attendaient à l'objection possible que «deux ou
plusieurs grandeurs physiques [puissent] être considérées
comme des éléments simultanés de la réalité uniquement
lorsqu'on peut simultanément les mesurer ou les prédire 16 »,
Cet argument faisait toutefois dépendre la réalité de la quantité de mouvement et de la position de la particule B du
processus de mesure appliqué à la particule A, laquelle pourrait se trouver à des années-lumière de distance, et qui ne
perturbe en aucune manière la particule B. « On ne pourrait
attendre d'aucune définition raisonnable de la réalité qu'elle
autorise cela 17 », disaient EPR.
La présomption émise par Einstein de la localité - le fait
qu'une mystérieuse action à distance instantanée n'existe pasétait essentielle à l'argumentation d'EPR. La localité éliminait
la possibilité qu'un événement dans une certaine région de
l'espace influence instantanément un autre événement
ailleurs dans l'espace au mépris de la vitesse de la lumière.
Pour Einstein, la vitesse de la lumière était la limite infranchissable imposée par la nature à la rapidité avec laquelle tout
objet pouvait se déplacer d'un lieu à un autre. Pour le découvreur de la relativité, il était inconcevable qu'une mesure
effectuée sur la particule A affecte instantanément, et à distance,
les éléments de réalité physique indépendants possédés par la
particule B.
Dès que parut l'article EPR, l'alerte fut donnée parmi tous
les éminents pionniers des quanta d'un bout à l'autre de
l'Europe. « Einstein a encore fait une déclaration publique
sur la mécanique quantique, et dans la Physical Review, en
plus, dans son numéro du 15 mai (avec Podolsky et Rosen,
des gens peu recommandables par ailleurs) 18 », écrivit de
Zurich un Wolfgang Pauli furieux à Heisenberg à Leipzig. «Il
est bien connu, continuait-il, que c'est la catastrophe chaque
fois que ça arrive. » Pauli concédait néanmoins, comme lui
seul pouvait se le permettre, « que si un étudiant de première
ou deuxième année avait soulevé pareilles objections, je
l'aurais trouvé très intelligent et prometteur 19 »,
Avec le zèle d'un missionnaire quantique, Pauli pressa
Heisenberg de publier une réfutation séance tenante pour
empêcher toute confusion ou hésitation chez leurs collègues
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
EPR s'attendaient à l'objection possible que «deux ou
plusieurs grandeurs physiques [puissent] être considérées
comme des éléments simultanés de la réalité uniquement
lorsqu'on peut simultanément les mesurer ou les prédire 16 »,
Cet argument faisait toutefois dépendre la réalité de la quantité de mouvement et de la position de la particule B du
processus de mesure appliqué à la particule A, laquelle pourrait se trouver à des années-lumière de distance, et qui ne
perturbe en aucune manière la particule B. « On ne pourrait
attendre d'aucune définition raisonnable de la réalité qu'elle
autorise cela 17 », disaient EPR.
La présomption émise par Einstein de la localité - le fait
qu'une mystérieuse action à distance instantanée n'existe pasétait essentielle à l'argumentation d'EPR. La localité éliminait
la possibilité qu'un événement dans une certaine région de
l'espace influence instantanément un autre événement
ailleurs dans l'espace au mépris de la vitesse de la lumière.
Pour Einstein, la vitesse de la lumière était la limite infranchissable imposée par la nature à la rapidité avec laquelle tout
objet pouvait se déplacer d'un lieu à un autre. Pour le découvreur de la relativité, il était inconcevable qu'une mesure
effectuée sur la particule A affecte instantanément, et à distance,
les éléments de réalité physique indépendants possédés par la
particule B.
Dès que parut l'article EPR, l'alerte fut donnée parmi tous
les éminents pionniers des quanta d'un bout à l'autre de
l'Europe. « Einstein a encore fait une déclaration publique
sur la mécanique quantique, et dans la Physical Review, en
plus, dans son numéro du 15 mai (avec Podolsky et Rosen,
des gens peu recommandables par ailleurs) 18 », écrivit de
Zurich un Wolfgang Pauli furieux à Heisenberg à Leipzig. «Il
est bien connu, continuait-il, que c'est la catastrophe chaque
fois que ça arrive. » Pauli concédait néanmoins, comme lui
seul pouvait se le permettre, « que si un étudiant de première
ou deuxième année avait soulevé pareilles objections, je
l'aurais trouvé très intelligent et prometteur 19 »,
Avec le zèle d'un missionnaire quantique, Pauli pressa
Heisenberg de publier une réfutation séance tenante pour
empêcher toute confusion ou hésitation chez leurs collègues
