LA RÉALITÉ QUANTIQUE
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prédictions théoriques de la mécanique quantique. Elle
semblait être une théorie correcte. Or, pour Einstein, il ne
suffisait pas qu'une théorie soit correcte, en accord avec les
expériences; il fallait aussi qu'elle soit complète.
Quel que soit le sens du terme «complète», EPR imposaient une condition nécessaire à la complétude d'une
théorie physique : « Tout élément de la réalité physique doit
avoir une contrepartie dans la théorie physique 1 • » Ce critère
de complétude exigeait qu'EPR définissent ce qu'on entend
par« élément de réalité» s'il voulaient aller jusqu'au bout de
leur raisonnement.
Définir la réalité ! Einstein ne voulait pas s'enliser dans ces
sables mouvants philosophiques qui en avaient englouti plus
d'un. Dans le passé, personne n'était sorti indemne d'une
tentative pour cerner ce qui constituait la réalité. Évitant astucieusement « une définition tous azimuts de la réalité »
comme « non indispensable » à leur dessein, EPR adoptèrent
ce qu'ils estimaient être un critère « suffisant » et « raisonnable >> pour désigner un « élément de réalité >> : « Si, sans
perturber un système en aucune manière, nous pouvons
prédire avec certitude (c'est-à-dire avec une probabilité égale
à un) la valeur d'une grandeur physique, alors il existe un
élément de réalité physique correspondant à cette grandeur
h .
14
p ys1que . >>
Einstein voulait réfuter l'affirmation de Bohr - que la mécanique quantique était une théorie fondamentale complète de
la nature - en démontrant qu'il existait des « éléments de
réalité>> que cette théorie n'appréhendait pas. Einstein avait
déplacé le centre du débat avec Bohr et ses partisans de la
cohérence interne de la mécanique quantique à la nature de
la réalité et au rôle de la théorie.
EPR soutenaient que, pour qu'une théorie soit complète, il
fallait qu'il y ait une correspondance univoque entre un
élément de la théorie et un élément de la réalité. Une condition suffisante pour la réalité d'une grandeur physique telle
que la quantité de mouvement est la possibilité de la prédire
avec certitude sans perturber le système. S'il existait un
élément de la réalité physique dont la théorie ne rendait pas
compte, alors la théorie était incomplète. La situation serait
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