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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
expédié vers la fin du mois de mars. Le texte « La description
de la réalité physique par la mécanique quantique peut-elle
être considérée comme complète ? » fut publié le 15 mai dans
la Physical Rcuiew américaine 10 • La réponse d'EPR à la question posée était un« Non! »provocant. Avant même qu'il soit
imprimé, le nom d'Einstein assura que l'article EPR suscite le
genre de publicité dont tout le monde se serait bien passé.
Le samedi 4 mai 1935, un article parut en page 11 du New
York Times, sous la manchette accrocheuse «Einstein Attaque
la Théorie des Quanta» : «Le Pr. Einstein veut attaquer la
théorie scientifique importante de la mécanique quantique,
dont il fut en quelque sorte le grand-père. Il conclut que,
bien qu'elle soit "correcte", elle n'est pas "complète".» Trois
jours plus tard, le New York Times publiait une déclaration
d'un Albert Einstein manifestement mécontent. Bien qu'il ait
l'habitude de parler à la presse, il faisait remarquer: «J'ai
pour principe invariable de ne débattre de questions scientifiques que dans le forum approprié, et je désapprouve la publication prématurée de toute annonce en la matière dans la
presse séculière 11 • »
Dans leur article, Einstein, Podolsky et Rosen commençaient par distinguer la réalité telle qu'elle est et la compréhension qu'en a le physicien: «Tout examen sérieux d'une
théorie physique doit tenir compte de la distinction entre la
réalité objective, qui est indépendante de toute théorie, et les
concepts physiques avec lesquels opère cette théorie. Ces
concepts sont élaborés pour correspondre à la réalité objective, et c'est au moyen de ces concepts que nous nous représentons cette réalité 12 • » Dans l'évaluation du succès d'une
théorie physique quelconque, EPR soutenaient qu'il fallait
répondre « oui » sans équivoque à deux questions : La théorie
est-elle correcte ? La description donnée par cette théorie estelle complète?
«L'exactitude de la théorie est jugée par le degré d'accord
entre les conclusions de la théorie et l'expérience humaine»,
disaient EPR. C'était un énoncé que tout physicien accepterait quand l'« expérience » en physique prend la forme
d'expériences et de mesures. Il n'y avait jusque-là pas eu de
conflit entre les expériences effectuées en laboratoire et les
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
expédié vers la fin du mois de mars. Le texte « La description
de la réalité physique par la mécanique quantique peut-elle
être considérée comme complète ? » fut publié le 15 mai dans
la Physical Rcuiew américaine 10 • La réponse d'EPR à la question posée était un« Non! »provocant. Avant même qu'il soit
imprimé, le nom d'Einstein assura que l'article EPR suscite le
genre de publicité dont tout le monde se serait bien passé.
Le samedi 4 mai 1935, un article parut en page 11 du New
York Times, sous la manchette accrocheuse «Einstein Attaque
la Théorie des Quanta» : «Le Pr. Einstein veut attaquer la
théorie scientifique importante de la mécanique quantique,
dont il fut en quelque sorte le grand-père. Il conclut que,
bien qu'elle soit "correcte", elle n'est pas "complète".» Trois
jours plus tard, le New York Times publiait une déclaration
d'un Albert Einstein manifestement mécontent. Bien qu'il ait
l'habitude de parler à la presse, il faisait remarquer: «J'ai
pour principe invariable de ne débattre de questions scientifiques que dans le forum approprié, et je désapprouve la publication prématurée de toute annonce en la matière dans la
presse séculière 11 • »
Dans leur article, Einstein, Podolsky et Rosen commençaient par distinguer la réalité telle qu'elle est et la compréhension qu'en a le physicien: «Tout examen sérieux d'une
théorie physique doit tenir compte de la distinction entre la
réalité objective, qui est indépendante de toute théorie, et les
concepts physiques avec lesquels opère cette théorie. Ces
concepts sont élaborés pour correspondre à la réalité objective, et c'est au moyen de ces concepts que nous nous représentons cette réalité 12 • » Dans l'évaluation du succès d'une
théorie physique quelconque, EPR soutenaient qu'il fallait
répondre « oui » sans équivoque à deux questions : La théorie
est-elle correcte ? La description donnée par cette théorie estelle complète?
«L'exactitude de la théorie est jugée par le degré d'accord
entre les conclusions de la théorie et l'expérience humaine»,
disaient EPR. C'était un énoncé que tout physicien accepterait quand l'« expérience » en physique prend la forme
d'expériences et de mesures. Il n'y avait jusque-là pas eu de
conflit entre les expériences effectuées en laboratoire et les
