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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
corps noir. Ses années d'expérience chèrement acquise
furent rapidement mises en pratique lorsqu'il commença à
manipuler les divers symboles mathématiques des équations
disponibles.
Après quelques tentatives manquées, et grâce à une combinaison de conjecture inspirée et d'intuition scientifique,
Planck trouva une formule. Elle avait l'air prometteu,se. Mais
était-ce bien l'insaisissable équation de Kirchhoff? Etait-elle
valide à n'importe quelle température donnée pour tout le
spectre ? Planck rédigea en hâte une note adressée à Rubens
et sortit au milieu de la nuit pour la poster. Deux jours
s'écoulèrent, puis Rubens se présenta chez Planck avec la
réponse. Il avait vérifié la nouvelle formule de Planck par
rapport aux données et avait trouvé une concordance
presque parfaite.
Le vendredi 19 octobre, lors de la réunion de la Société de
physique allemande, Rubens et Planck étaient dans l'auditoire lorsque Ferdinand Kurlbaum annonça formellement
que les mesures effectuées par Rubens et lui-même prouvaient de façon concluante que la loi de Wien n'était valide
que pour les courtes longueurs d'onde et échouait dans les
grandes longueurs d'onde de l'infrarouge. Quand Kurlbaum
se fut assis, Planck se leva pour émettre un bref « commentaire » intitulé « Amélioration de l'équation de Wien pour le
spectre». Planck commença par avouer qu'il avait cru que
« la loi de Wien devait nécessairement être vraie 44 » et qu'il
s'était exprimé en ce sens lors d'une réunion antérieure de la
Société. Au fil de son intervention, il fut vite évident que
Planck ne se contentait pas de proposer« une amélioration»,
un ajustement mineur pratiqué sur la loi de Wien pour la
rendre compatible avec les données récentes, mais une loi de
son cru, totalement nouvelle.
Après avoir parlé moins de dix minutes, Planck écrivit au
tableau noir l'équation qu'il avait trouvée pour le spectre du
corps noir. En se retournant pour regarder les visages familiers de ses collègues, il leur dit que cette équation « pour
autant que je puisse en juger actuellement, concorde avec les
données observationnelles publiées jusqu'ici 45 ». Lorsqu'il se
rassit, Planck eut droit à de petits hochements de tête appro-
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
corps noir. Ses années d'expérience chèrement acquise
furent rapidement mises en pratique lorsqu'il commença à
manipuler les divers symboles mathématiques des équations
disponibles.
Après quelques tentatives manquées, et grâce à une combinaison de conjecture inspirée et d'intuition scientifique,
Planck trouva une formule. Elle avait l'air prometteu,se. Mais
était-ce bien l'insaisissable équation de Kirchhoff? Etait-elle
valide à n'importe quelle température donnée pour tout le
spectre ? Planck rédigea en hâte une note adressée à Rubens
et sortit au milieu de la nuit pour la poster. Deux jours
s'écoulèrent, puis Rubens se présenta chez Planck avec la
réponse. Il avait vérifié la nouvelle formule de Planck par
rapport aux données et avait trouvé une concordance
presque parfaite.
Le vendredi 19 octobre, lors de la réunion de la Société de
physique allemande, Rubens et Planck étaient dans l'auditoire lorsque Ferdinand Kurlbaum annonça formellement
que les mesures effectuées par Rubens et lui-même prouvaient de façon concluante que la loi de Wien n'était valide
que pour les courtes longueurs d'onde et échouait dans les
grandes longueurs d'onde de l'infrarouge. Quand Kurlbaum
se fut assis, Planck se leva pour émettre un bref « commentaire » intitulé « Amélioration de l'équation de Wien pour le
spectre». Planck commença par avouer qu'il avait cru que
« la loi de Wien devait nécessairement être vraie 44 » et qu'il
s'était exprimé en ce sens lors d'une réunion antérieure de la
Société. Au fil de son intervention, il fut vite évident que
Planck ne se contentait pas de proposer« une amélioration»,
un ajustement mineur pratiqué sur la loi de Wien pour la
rendre compatible avec les données récentes, mais une loi de
son cru, totalement nouvelle.
Après avoir parlé moins de dix minutes, Planck écrivit au
tableau noir l'équation qu'il avait trouvée pour le spectre du
corps noir. En se retournant pour regarder les visages familiers de ses collègues, il leur dit que cette équation « pour
autant que je puisse en juger actuellement, concorde avec les
données observationnelles publiées jusqu'ici 45 ». Lorsqu'il se
rassit, Planck eut droit à de petits hochements de tête appro-
