RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
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infrarouge du spectre. Pendant l'été, ils testèrent la loi de
Wien pour des longueurs d'onde entre 0,03 et 0,06 mm, et à
des températures variant entre 200 et 1 500 oc. Dans ces
grandes longueurs d'onde, ils découvrirent que la différence
entre la théorie et l'observation était si marquée qu'elle ne
pouvait signifier qu'une seule chose: un dysfonctionnement
de la loi de Wien.
Rubens et Kurlbaum voulaient annoncer leurs résultats
dans un article envoyé à la Société de physique allemande. La
prochaine réunion étant fixée au vendredi 5 octobre, ils
n'avaient pas assez de temps pour rédiger un article. Ils attendraient donc la réunion suivante, deux semaines plus tard.
Entre-temps, Rubens savait que Planck serait impatient de
connaître les tout derniers résultats.
C'est dans le faubourg cossu de Grünewald, au milieu des
élégantes villas des banquiers, des avocats et autres professeurs d'université, que Planck vécut cinquante ans dans une
grande demeure avec un immense jardin.
Le dimanche 7 octobre, les Rubens vinrent déjeuner. Inévitablement, la conversation entre les deux amis ne tarda pas à
tourner autour de la physique et du problème du corps noir.
Rubens expliqua que ses toutes dernières mesures ne laissaient plus de place au doute : la loi de Wien échouait aux
grandes longueurs d'onde et aux températures élevées. Ces
mesures révélaient qu'à de telles longueurs d'onde l'intensité
du rayonnement du corps noir était proportionnelle à la
température.
Ce soir-là, quand les Rubens furent partis, Planck décida
d'essayer de trouver la formule qui reproduirait intégralement le spectre énergétique du rayonnement du corps noir.
Il disposait de trois informations cruciales pour l'aider à y
parvenir. Primo, la loi de Wien rendait compte de l'intensité
du rayonnement pour les courtes longueurs d'onde. Secundo,
elle échouait dans l'infrarouge, où Rubens et Kurlbaum
avaient découvert que l'intensité était proportionnelle à la
température. Tertio, la loi du déplacement de Wien était
correcte. Pour construire sa formule, il fallait que Planck
trouve un moyen d'assembler ces trois pièces du puzzle du
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infrarouge du spectre. Pendant l'été, ils testèrent la loi de
Wien pour des longueurs d'onde entre 0,03 et 0,06 mm, et à
des températures variant entre 200 et 1 500 oc. Dans ces
grandes longueurs d'onde, ils découvrirent que la différence
entre la théorie et l'observation était si marquée qu'elle ne
pouvait signifier qu'une seule chose: un dysfonctionnement
de la loi de Wien.
Rubens et Kurlbaum voulaient annoncer leurs résultats
dans un article envoyé à la Société de physique allemande. La
prochaine réunion étant fixée au vendredi 5 octobre, ils
n'avaient pas assez de temps pour rédiger un article. Ils attendraient donc la réunion suivante, deux semaines plus tard.
Entre-temps, Rubens savait que Planck serait impatient de
connaître les tout derniers résultats.
C'est dans le faubourg cossu de Grünewald, au milieu des
élégantes villas des banquiers, des avocats et autres professeurs d'université, que Planck vécut cinquante ans dans une
grande demeure avec un immense jardin.
Le dimanche 7 octobre, les Rubens vinrent déjeuner. Inévitablement, la conversation entre les deux amis ne tarda pas à
tourner autour de la physique et du problème du corps noir.
Rubens expliqua que ses toutes dernières mesures ne laissaient plus de place au doute : la loi de Wien échouait aux
grandes longueurs d'onde et aux températures élevées. Ces
mesures révélaient qu'à de telles longueurs d'onde l'intensité
du rayonnement du corps noir était proportionnelle à la
température.
Ce soir-là, quand les Rubens furent partis, Planck décida
d'essayer de trouver la formule qui reproduirait intégralement le spectre énergétique du rayonnement du corps noir.
Il disposait de trois informations cruciales pour l'aider à y
parvenir. Primo, la loi de Wien rendait compte de l'intensité
du rayonnement pour les courtes longueurs d'onde. Secundo,
elle échouait dans l'infrarouge, où Rubens et Kurlbaum
avaient découvert que l'intensité était proportionnelle à la
température. Tertio, la loi du déplacement de Wien était
correcte. Pour construire sa formule, il fallait que Planck
trouve un moyen d'assembler ces trois pièces du puzzle du
