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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Comme la plupart des experts de premier plan résidaient
et travaillaient à Berlin, les réunions de la Société de physique
allemande qui se tenaient dans la capitale devinrent le principal forum pour les discussions concernant le rayonnement
du corps noir et le statut de la loi de Wien. Ce fut le sujet qui,
une fois de plus, domina les débats de la Société lors de sa
séance bi-hebdomadaire du 2 février 1900, lorsque Lummer
et Pringsheim révélèrent leurs toutes dernières mesures. Ils
avaient trouvé des écarts entre leurs mesures et les prédictions de la loi de Wien dans l'infrarouge qui ne pouvaient pas
résulter d'erreurs expérimentales.
Ce dysfonctionnement de la loi de Wien conduisit à une
bousculade pour lui trouver une remplaçante. Mais ces tentatives improvisées se révélèrent peu satisfaisantes, et d'aucuns
demandèrent à ce que les tests se poursuivent pour des
longueurs d'onde encore plus grandes, afin d'établir sans
équivoque l'ampleur de toute carence éventuelle de la loi de
Wien. Après tout, elle correspondait bien aux données disponibles couvrant les longueurs d'onde plus courtes et toutes les
autres expériences, hormis celles de Lummer-Pringsheim,
avaient tranché en sa faveur.
Comme Planck n'en était que trop conscient, toute théorie
est à la merci de données expérimentales brutes, mais il
croyait fermement qu'« un conflit entre l'observation et la
théorie ne peut se confirmer comme valide sans aucun doute
possible que si les résultats de différents observateurs concordent substantiellement entre eux 43 ». Le désaccord entre les
expérimentateurs obligea néanmoins Planck à reconsidérer la
justesse de ses idées. Fin septembre 1900, alors qu'il continuait de revoir sa dérivation, l'échec de la loi de Wien dans
l'infrarouge profond fut confirmé.
La question fut finalement tranchée par Heinrich Rubens,
un ami intime de Planck, et par Ferdinand Kurlbaum.
Attaché à la Technische Hochschule de la Berlinerstrasse, où,
à trente-cinq ans, il venait d'être promu à un poste de professeur titulaire, Rubens passait le plus clair de son temps
comme collaborateur invité au PTR tout proche. C'est là qu'il
construisit avec Kurlbaum un corps noir permettant des
mesures dans le territoire mal connu au profond de la région
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Comme la plupart des experts de premier plan résidaient
et travaillaient à Berlin, les réunions de la Société de physique
allemande qui se tenaient dans la capitale devinrent le principal forum pour les discussions concernant le rayonnement
du corps noir et le statut de la loi de Wien. Ce fut le sujet qui,
une fois de plus, domina les débats de la Société lors de sa
séance bi-hebdomadaire du 2 février 1900, lorsque Lummer
et Pringsheim révélèrent leurs toutes dernières mesures. Ils
avaient trouvé des écarts entre leurs mesures et les prédictions de la loi de Wien dans l'infrarouge qui ne pouvaient pas
résulter d'erreurs expérimentales.
Ce dysfonctionnement de la loi de Wien conduisit à une
bousculade pour lui trouver une remplaçante. Mais ces tentatives improvisées se révélèrent peu satisfaisantes, et d'aucuns
demandèrent à ce que les tests se poursuivent pour des
longueurs d'onde encore plus grandes, afin d'établir sans
équivoque l'ampleur de toute carence éventuelle de la loi de
Wien. Après tout, elle correspondait bien aux données disponibles couvrant les longueurs d'onde plus courtes et toutes les
autres expériences, hormis celles de Lummer-Pringsheim,
avaient tranché en sa faveur.
Comme Planck n'en était que trop conscient, toute théorie
est à la merci de données expérimentales brutes, mais il
croyait fermement qu'« un conflit entre l'observation et la
théorie ne peut se confirmer comme valide sans aucun doute
possible que si les résultats de différents observateurs concordent substantiellement entre eux 43 ». Le désaccord entre les
expérimentateurs obligea néanmoins Planck à reconsidérer la
justesse de ses idées. Fin septembre 1900, alors qu'il continuait de revoir sa dérivation, l'échec de la loi de Wien dans
l'infrarouge profond fut confirmé.
La question fut finalement tranchée par Heinrich Rubens,
un ami intime de Planck, et par Ferdinand Kurlbaum.
Attaché à la Technische Hochschule de la Berlinerstrasse, où,
à trente-cinq ans, il venait d'être promu à un poste de professeur titulaire, Rubens passait le plus clair de son temps
comme collaborateur invité au PTR tout proche. C'est là qu'il
construisit avec Kurlbaum un corps noir permettant des
mesures dans le territoire mal connu au profond de la région
