RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
37
tion de Wien. Planck poussa un soupir de soulagement et
lut l'article de Paschen en public lors d'une séance de
l'Académie des sciences prussienne. Pareille loi exerçait sur
lui une puissante attraction. Pour Planck, la quête théorique
de la loi de répartition de l'énergie spectrale du rayonnement
du corps noir n'était rien de moins que la recherche de
l'absolu, et «puisque j'avais depuis toujours considéré la
recherche de l'absolu comme le but le plus élevé de toute
l'activité scientifique, je me suis mis impatiemment au
travail 39 »,
En 1896, peu après que Wien eut publié sa loi de répartition, Planck se mit en devoir d'essayer de la placer sur une
base solide comme le roc en la faisant dériver de principes
premiers. Trois ans plus tard, en mai 1899, il crut avoir réussi
en utilisant la puissance et l'autorité du deuxième principe de
la thermodynamique. D'autres collègues manifestèrent leur
approbation et commencèrent à appeler la loi de Wien « loi
de Wien-Planck » en dépit des revendications des expérimentateurs. Planck conserva suffisamment d'assurance pour
affirmer que « les limites de validité de cette loi, à supposer
qu'il y en ait, coïncident avec celles du deuxième principe
fondamental de la thermodynamique 40 », n souligna l'urgence
d'une nouvelle vérification de la loi de répartition, puisque ce
serait pour lui un examen simultané du deuxième principe.
Son souhait fut exaucé.
Au début du mois de novembre 1899, après avoir passé
neuf mois à étendre le champ de leurs mesures tout en
éliminant des sources possibles d'erreurs expérimentales,
Lummer et Pringsheim signalèrent qu'ils avaient néanmoins
trouvé des « écarts de nature systématique entre la théorie et
l'expériencé 1 », Bien que la loi de Wien soit parfaitement
conforme aux résultats pour les courtes longueurs d'onde,
elle surestimait constamment l'intensité du rayonnement aux
grandes longueurs d'onde. Quelques semaines plus tard,
cependant, Paschen contredit Lummer et Pringsheim. Il
présenta un nouvel ensemble de données et affirma que la loi
de répartition « semble être une loi naturelle rigoureusement
validé 2 ».
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tion de Wien. Planck poussa un soupir de soulagement et
lut l'article de Paschen en public lors d'une séance de
l'Académie des sciences prussienne. Pareille loi exerçait sur
lui une puissante attraction. Pour Planck, la quête théorique
de la loi de répartition de l'énergie spectrale du rayonnement
du corps noir n'était rien de moins que la recherche de
l'absolu, et «puisque j'avais depuis toujours considéré la
recherche de l'absolu comme le but le plus élevé de toute
l'activité scientifique, je me suis mis impatiemment au
travail 39 »,
En 1896, peu après que Wien eut publié sa loi de répartition, Planck se mit en devoir d'essayer de la placer sur une
base solide comme le roc en la faisant dériver de principes
premiers. Trois ans plus tard, en mai 1899, il crut avoir réussi
en utilisant la puissance et l'autorité du deuxième principe de
la thermodynamique. D'autres collègues manifestèrent leur
approbation et commencèrent à appeler la loi de Wien « loi
de Wien-Planck » en dépit des revendications des expérimentateurs. Planck conserva suffisamment d'assurance pour
affirmer que « les limites de validité de cette loi, à supposer
qu'il y en ait, coïncident avec celles du deuxième principe
fondamental de la thermodynamique 40 », n souligna l'urgence
d'une nouvelle vérification de la loi de répartition, puisque ce
serait pour lui un examen simultané du deuxième principe.
Son souhait fut exaucé.
Au début du mois de novembre 1899, après avoir passé
neuf mois à étendre le champ de leurs mesures tout en
éliminant des sources possibles d'erreurs expérimentales,
Lummer et Pringsheim signalèrent qu'ils avaient néanmoins
trouvé des « écarts de nature systématique entre la théorie et
l'expériencé 1 », Bien que la loi de Wien soit parfaitement
conforme aux résultats pour les courtes longueurs d'onde,
elle surestimait constamment l'intensité du rayonnement aux
grandes longueurs d'onde. Quelques semaines plus tard,
cependant, Paschen contredit Lummer et Pringsheim. Il
présenta un nouvel ensemble de données et affirma que la loi
de répartition « semble être une loi naturelle rigoureusement
validé 2 ».
