SOLVAY 1927
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nouvelles équations. D'ailleurs, il se disait «physicien mathématicien», tandis que ni ses contemporains Heisenberg et
Pauli, ni Einstein, ni Bohr ne s'étaientjamais décrits ainsi. Ils
étaient tous physiciens théoriciens, comme Lorentz, doyen
incontesté du clan, qui mourut en février 1928. « Pour moi
personnellement, écrivit plus tard Einstein, il a compté ~lus
que tous les autres que j'ai rencontrés au cours de ma vie 0 • »
La propre santé d'Einstein devint bientôt un sujet d'inquiétude. En avril1928, pendant un bref voyage en Suisse, il
s'effondra en portant sa valise dans une rue en pente. On
pensa d'abord qu'il avait été victime d'une crise cardiaque,
mais on diagnostiqua ensuite une hypertrophie du cœur. Plus
tard, Einstein confia à son ami Michele Besso qu'il avait
«failli crever», avant d'ajouter, «ce qu'on ne devrait bien sûr
pas remettre éternellement à plus tard 71 ». Une fois qu'il fut
rentré à Berlin, sous l'œil vigilant d'Elsa, les visites de ses amis
et collègues furent sévèrement rationnées. Elle était redevenue la gardienne et l'infirmière d'Einstein qu'elle avait été
quand il était tombé malade à la suite de ses efforts herculéens pour formuler la théorie de la relativité générale.
Cette fois-ci, Elsa avait besoin d'aide, et elle engagea la sœur
célibataire d'un ami. Helen Dukas avait trente-deux ans et
devint l'amie et la fidèle secrétaire d'Einstein 72 •
Tandis qu'il se remettait, un article de Bohr fut publié en
trois langues, anglais, allemand et français. La version anglaise,
intitulée « Le postulat quantique et le développement récent
de la théorie atomique ''• parut le 14 avril 1928. «Le contenu
de cet article, signalait une note de bas de page, est le même
que celui d'une conférence sur l'état actuel de la théorie des
quanta donnée le 16 septembre 1927 lors des commémorations Volta à Côme 73 • » En réalité, Bohr avait produit une
exposition plus raffinée et plus profonde de ses idées sur la
complémentarité et la mécanique quantique que ce qu'il avait
présenté à Côme et à Bruxelles.
Bohr en envoya un exemplaire à Schrôdinger, qui répondit :
«Si vous voulez décrire un système, p. ex. un point-masse en
spécifiant son [moment cinétique] p et sa [position] q, vous
trouverez alors que cette description n'est possible qu'avec un
degré de précision limité 74 • » Ce qu'il fallait donc, soutenait
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nouvelles équations. D'ailleurs, il se disait «physicien mathématicien», tandis que ni ses contemporains Heisenberg et
Pauli, ni Einstein, ni Bohr ne s'étaientjamais décrits ainsi. Ils
étaient tous physiciens théoriciens, comme Lorentz, doyen
incontesté du clan, qui mourut en février 1928. « Pour moi
personnellement, écrivit plus tard Einstein, il a compté ~lus
que tous les autres que j'ai rencontrés au cours de ma vie 0 • »
La propre santé d'Einstein devint bientôt un sujet d'inquiétude. En avril1928, pendant un bref voyage en Suisse, il
s'effondra en portant sa valise dans une rue en pente. On
pensa d'abord qu'il avait été victime d'une crise cardiaque,
mais on diagnostiqua ensuite une hypertrophie du cœur. Plus
tard, Einstein confia à son ami Michele Besso qu'il avait
«failli crever», avant d'ajouter, «ce qu'on ne devrait bien sûr
pas remettre éternellement à plus tard 71 ». Une fois qu'il fut
rentré à Berlin, sous l'œil vigilant d'Elsa, les visites de ses amis
et collègues furent sévèrement rationnées. Elle était redevenue la gardienne et l'infirmière d'Einstein qu'elle avait été
quand il était tombé malade à la suite de ses efforts herculéens pour formuler la théorie de la relativité générale.
Cette fois-ci, Elsa avait besoin d'aide, et elle engagea la sœur
célibataire d'un ami. Helen Dukas avait trente-deux ans et
devint l'amie et la fidèle secrétaire d'Einstein 72 •
Tandis qu'il se remettait, un article de Bohr fut publié en
trois langues, anglais, allemand et français. La version anglaise,
intitulée « Le postulat quantique et le développement récent
de la théorie atomique ''• parut le 14 avril 1928. «Le contenu
de cet article, signalait une note de bas de page, est le même
que celui d'une conférence sur l'état actuel de la théorie des
quanta donnée le 16 septembre 1927 lors des commémorations Volta à Côme 73 • » En réalité, Bohr avait produit une
exposition plus raffinée et plus profonde de ses idées sur la
complémentarité et la mécanique quantique que ce qu'il avait
présenté à Côme et à Bruxelles.
Bohr en envoya un exemplaire à Schrôdinger, qui répondit :
«Si vous voulez décrire un système, p. ex. un point-masse en
spécifiant son [moment cinétique] p et sa [position] q, vous
trouverez alors que cette description n'est possible qu'avec un
degré de précision limité 74 • » Ce qu'il fallait donc, soutenait
