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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Schrôdinger, c'était l'introduction de concepts nouveaux
pour lesquels cette limitation ne s'applique plus. «Toutefois,
conclut-il, il sera sans nul doute très difficile d'inventer ce
schéma conceptuel, puisque- comme vous le soulignez d'une
manière si convaincante -la rénovation nécessaire touche les
niveaux les plus profonds de notre expérience: l'espace, le
temps et la causalité. »
Dans sa réponse, Bohr remerciait Schrôdinger de« son attitude pas complètement hostile», mais il ne voyait pas le
besoin de « concepts nouveaux » dans la théorie des quanta
puisque les vieux concepts empiriques semblaient inséparablement liés aux « fondements des moyens humains de
visualisation 75 ». Bohr réaffirma sa position: il ne s'agissait pas
d'une limitation plus ou moins arbitraire dans l'applicabilité
des concepts classiques, mais d'une caractéristique inévitable
de la complémentarité qui émerge d'une analyse du concept
d'observation. Il termina en encourageant Schrôdinger à
débattre du contenu de sa lettre avec Planck et Einstein.
Lorsque Schrôdinger l'informa de cette correspondance avec
Bohr, Einstein répondit que « la philosophie - ou religion ? -
tranquillisante de Heisenberg-Bohr est si délicatement
conçue que, pour l'instant, elle fournit au vrai croyant un mol
oreiller auquel on ne peut pas très facilement l'arracher.
Laissons-le donc dormir 16 ».
Quatre mois après son accident cardiaque, Einstein était
encore faible, mais il n'était plus alité. Pour continuer sa
convalescence, il loua une maison dans la bourgade somnolente de Scharbeutz sur la côte baltique. Là, il lut Spinoza et
se réjouit d'être loin de «l'existence idiote qu'on mène en
ville 7 ». Il s'écoula presque un an avant qu'il se soit suffisamment remis pour retourner à son bureau. Il y travaillait tout le
matin avant de rentrer déjeuner chez lui et se reposer jusqu'à
15 heures. « Autrement, il travaillait tout le tf'mps, parfois
toute la nuir1 8 »,se rappela Helen Dukas.
Pendant les vacances de Pâques 1929, Pauli alla voir Einstein à Berlin. Il trouva son « attitude envers la physique quantique moderne réactionnaire 79 » parce qu'il continuait à
croire à une réalité où les phénomènes naturels se déroulaient conformément aux lois de la nature, indépendamment
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Schrôdinger, c'était l'introduction de concepts nouveaux
pour lesquels cette limitation ne s'applique plus. «Toutefois,
conclut-il, il sera sans nul doute très difficile d'inventer ce
schéma conceptuel, puisque- comme vous le soulignez d'une
manière si convaincante -la rénovation nécessaire touche les
niveaux les plus profonds de notre expérience: l'espace, le
temps et la causalité. »
Dans sa réponse, Bohr remerciait Schrôdinger de« son attitude pas complètement hostile», mais il ne voyait pas le
besoin de « concepts nouveaux » dans la théorie des quanta
puisque les vieux concepts empiriques semblaient inséparablement liés aux « fondements des moyens humains de
visualisation 75 ». Bohr réaffirma sa position: il ne s'agissait pas
d'une limitation plus ou moins arbitraire dans l'applicabilité
des concepts classiques, mais d'une caractéristique inévitable
de la complémentarité qui émerge d'une analyse du concept
d'observation. Il termina en encourageant Schrôdinger à
débattre du contenu de sa lettre avec Planck et Einstein.
Lorsque Schrôdinger l'informa de cette correspondance avec
Bohr, Einstein répondit que « la philosophie - ou religion ? -
tranquillisante de Heisenberg-Bohr est si délicatement
conçue que, pour l'instant, elle fournit au vrai croyant un mol
oreiller auquel on ne peut pas très facilement l'arracher.
Laissons-le donc dormir 16 ».
Quatre mois après son accident cardiaque, Einstein était
encore faible, mais il n'était plus alité. Pour continuer sa
convalescence, il loua une maison dans la bourgade somnolente de Scharbeutz sur la côte baltique. Là, il lut Spinoza et
se réjouit d'être loin de «l'existence idiote qu'on mène en
ville 7 ». Il s'écoula presque un an avant qu'il se soit suffisamment remis pour retourner à son bureau. Il y travaillait tout le
matin avant de rentrer déjeuner chez lui et se reposer jusqu'à
15 heures. « Autrement, il travaillait tout le tf'mps, parfois
toute la nuir1 8 »,se rappela Helen Dukas.
Pendant les vacances de Pâques 1929, Pauli alla voir Einstein à Berlin. Il trouva son « attitude envers la physique quantique moderne réactionnaire 79 » parce qu'il continuait à
croire à une réalité où les phénomènes naturels se déroulaient conformément aux lois de la nature, indépendamment
