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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
était le directeur n'existait que sur le papier, et Einstein le
préférait ainsi. Alors qu'il travaillait d'ordinaire seul, ou, plus
tard, avec un assistant qui effectuait les calculs, Bohr, lui, eut
de nombreux enfants scientifiques. Les premiers à atteindre
la célébrité et à faire autorité dans leur domaine furent
Heisenberg, Pauli et Dirac. Ils avaient beau être que des
jeunes gens, comme Ralph Kronig le rappellera plus tard,
d'autres jeunes physiciens n'osaient pas les contredire.
Kronig, par exemple, renonça à publier l'idée du spin de
l'électron après que Pauli l'eut tournée en ridicule.
Deuxièmement, à l'époque du congrès Solvay 1927, un
certain nombre de chaires professorales devinrent vacantes.
Ceux qui avaient contribué à créer la nouvelle physique les
occupèrent presque toutes. Les instituts qu'ils dirigeaient ne
tardèrent pas à attirer la crème des étudiants d'Allemagne et
de toute l'Europe. Schrôdinger s'était octroyé le poste le plus
prestigieux, en tant que successeur de Planck à Berlin. Juste
après le congrès Solvay, Heisenberg arriva à Leipzig pour
prendre son poste de professeur et de directeur de l'institut
de physique théorique. Moins de six mois plus tard, en
avril 1928, Pauli quittait Hambourg pour devenir professeur à
l'ETH de Zurich. Pascual Jordan, dont les compétences
mathématiques avaient été vitales pour le développement de
la mécanique matricielle, fut le successeur de Pauli à
Hambourg. Assez vite, grâce à des visites régulières et des
échanges d'étudiants et d'assistants entre leurs instituts et
celui de Bohr, Heisenberg et Pauli confirmèrent Leipzig et
Zurich comme centres de la physique quantique. Avec
Kramers déjà installé à l'université d'Utrecht et Born à
Gôttingen, l'interprétation de Copenhague devint bientôt un
dogme quantique.
Enfin, malgré leurs différences, Bohr et ses jeunes collègues présentèrent toujours un front uni contre toutes les
contestations de l'interprétation de Copenhague. La seule
exception fut Paul Dirac. Nommé en septembre 1932 professeur titulaire de la chaire Lucas de mathématiques à
Cambridge, qui fut jadis occupée par Isaac Newton, Dirac ne
s'intéressa jamais à la question de l'interprétation. C'était
pour lui une préoccupation inutile qui ne conduisait pas à de
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
était le directeur n'existait que sur le papier, et Einstein le
préférait ainsi. Alors qu'il travaillait d'ordinaire seul, ou, plus
tard, avec un assistant qui effectuait les calculs, Bohr, lui, eut
de nombreux enfants scientifiques. Les premiers à atteindre
la célébrité et à faire autorité dans leur domaine furent
Heisenberg, Pauli et Dirac. Ils avaient beau être que des
jeunes gens, comme Ralph Kronig le rappellera plus tard,
d'autres jeunes physiciens n'osaient pas les contredire.
Kronig, par exemple, renonça à publier l'idée du spin de
l'électron après que Pauli l'eut tournée en ridicule.
Deuxièmement, à l'époque du congrès Solvay 1927, un
certain nombre de chaires professorales devinrent vacantes.
Ceux qui avaient contribué à créer la nouvelle physique les
occupèrent presque toutes. Les instituts qu'ils dirigeaient ne
tardèrent pas à attirer la crème des étudiants d'Allemagne et
de toute l'Europe. Schrôdinger s'était octroyé le poste le plus
prestigieux, en tant que successeur de Planck à Berlin. Juste
après le congrès Solvay, Heisenberg arriva à Leipzig pour
prendre son poste de professeur et de directeur de l'institut
de physique théorique. Moins de six mois plus tard, en
avril 1928, Pauli quittait Hambourg pour devenir professeur à
l'ETH de Zurich. Pascual Jordan, dont les compétences
mathématiques avaient été vitales pour le développement de
la mécanique matricielle, fut le successeur de Pauli à
Hambourg. Assez vite, grâce à des visites régulières et des
échanges d'étudiants et d'assistants entre leurs instituts et
celui de Bohr, Heisenberg et Pauli confirmèrent Leipzig et
Zurich comme centres de la physique quantique. Avec
Kramers déjà installé à l'université d'Utrecht et Born à
Gôttingen, l'interprétation de Copenhague devint bientôt un
dogme quantique.
Enfin, malgré leurs différences, Bohr et ses jeunes collègues présentèrent toujours un front uni contre toutes les
contestations de l'interprétation de Copenhague. La seule
exception fut Paul Dirac. Nommé en septembre 1932 professeur titulaire de la chaire Lucas de mathématiques à
Cambridge, qui fut jadis occupée par Isaac Newton, Dirac ne
s'intéressa jamais à la question de l'interprétation. C'était
pour lui une préoccupation inutile qui ne conduisait pas à de
