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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
pour moi un vrai délice d'assister aux conversations entre
Bohr et Einstein. Comme une partie d'échecs. Einstein avait
constamment de nouveaux exemples ... pour casser la RELATION D'INCERTITUDE. Bohr au milieu de nuages de fumée
philosophiques cherchant constamment de nouveaux outils
pour écraser un exemple après l'autre. Einstein comme un
diablotin à ressort, bondissant frais et dispos tous les matins.
Oh, ça n'avait pas de prix. Mais je suis sans réserves, ou
presque, pour Bohr et contre Einstein 60 • » Ehrenfest avoua
toutefois qu'« [il] ne pourrait pas trouver de soulagement
dans [son] Eropre esprit avant que la concorde avec Einstein
soit atteinte 1 ».
Au congrès Solvay 1927, les discussions avec Einstein étaient
menées, dira plus tard Bohr, «avec beaucoup d'humour 62 ».Il
notait cependant avec regret qu'il << subsistait une certaine
différence dans l'attitude et l'apparence, puisque, avec le don
qu'il avait pour associer des expériences apparemment divergentes sans abandonner la continuité ni la causalité, Einstein
répugnait certainement plus à renoncer à ces idéaux que
quelqu'un pour qui un tel renoncement dans ce domaine
semblerait être le seul moyen de s'atteler à la tâche immédiate
consistant à coordonner les données variées concernant les
phénomènes atomiques, données qui s'accumulaient de jour
en jour dans l'exploration de ce nouveau domaine de
connaissances 63 ». Bref, sous-entendait Bohr, c'était précisément les succès d'Einstein qui l'ancraient dans le passé.
Quand le cinquième congrès Solvay se termina, Bohr avait,
dans l'esprit de ceux qui s'étaient rassemblés à Bruxelles, réussi
à démontrer la cohérence logique de l'interprétation de
Copenhague, mais n'avait pu convaincre Einstein qu'elle était
la seule interprétation possible de ce qui était une théorie
<< complète » et fermée. Pendant le voyage de retour, Einstein
se trouva dans le train de Paris avec un petit groupe comprenant de Broglie. «Continuez, dit-il au prince français lorsqu'ils
se séparèrent. Vous êtes sur la bonne voie 64 • » Mais de Broglie,
découragé par le manque de soutien à Bruxelles, ne tarderait
pas à se rétracter et à accepter l'interprétation de Copenhague.
Lorsque Einstein arriva à Berlin, il était épuisé et attristé. Moins
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
pour moi un vrai délice d'assister aux conversations entre
Bohr et Einstein. Comme une partie d'échecs. Einstein avait
constamment de nouveaux exemples ... pour casser la RELATION D'INCERTITUDE. Bohr au milieu de nuages de fumée
philosophiques cherchant constamment de nouveaux outils
pour écraser un exemple après l'autre. Einstein comme un
diablotin à ressort, bondissant frais et dispos tous les matins.
Oh, ça n'avait pas de prix. Mais je suis sans réserves, ou
presque, pour Bohr et contre Einstein 60 • » Ehrenfest avoua
toutefois qu'« [il] ne pourrait pas trouver de soulagement
dans [son] Eropre esprit avant que la concorde avec Einstein
soit atteinte 1 ».
Au congrès Solvay 1927, les discussions avec Einstein étaient
menées, dira plus tard Bohr, «avec beaucoup d'humour 62 ».Il
notait cependant avec regret qu'il << subsistait une certaine
différence dans l'attitude et l'apparence, puisque, avec le don
qu'il avait pour associer des expériences apparemment divergentes sans abandonner la continuité ni la causalité, Einstein
répugnait certainement plus à renoncer à ces idéaux que
quelqu'un pour qui un tel renoncement dans ce domaine
semblerait être le seul moyen de s'atteler à la tâche immédiate
consistant à coordonner les données variées concernant les
phénomènes atomiques, données qui s'accumulaient de jour
en jour dans l'exploration de ce nouveau domaine de
connaissances 63 ». Bref, sous-entendait Bohr, c'était précisément les succès d'Einstein qui l'ancraient dans le passé.
Quand le cinquième congrès Solvay se termina, Bohr avait,
dans l'esprit de ceux qui s'étaient rassemblés à Bruxelles, réussi
à démontrer la cohérence logique de l'interprétation de
Copenhague, mais n'avait pu convaincre Einstein qu'elle était
la seule interprétation possible de ce qui était une théorie
<< complète » et fermée. Pendant le voyage de retour, Einstein
se trouva dans le train de Paris avec un petit groupe comprenant de Broglie. «Continuez, dit-il au prince français lorsqu'ils
se séparèrent. Vous êtes sur la bonne voie 64 • » Mais de Broglie,
découragé par le manque de soutien à Bruxelles, ne tarderait
pas à se rétracter et à accepter l'interprétation de Copenhague.
Lorsque Einstein arriva à Berlin, il était épuisé et attristé. Moins
