SOLVAY 1927
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dans le parc Léopold, pour le début de la première séance. Il
avait fallu dix-huit mois pour organiser le congrès, qui avait
exigé le consentement d'un souverain et la fin du statut de
paria infligé à l'Allemagne.
Après quelques brèves paroles de bienvenue prononcées
par Lorentz en sa qualité de président du comité scientifique
et de président du congrès, la tâche d'ouvrir les débats échut
à William L. Bragg, professeur de physique à l'université de
Manchester. Bragg, qui avait trente-sept ans, n'en avait que
vingt-cinq lorsqu'il reçut, conjointement avec son père
William Henry Bragg, le prix Nobel de physique en 1915 pour
avoir inauguré l'utilisation des rayons X dans l'étude de la
structure des cristaux. Il était tout désigné pour rendre
compte des dernières découvertes concernant les cristaux et
de la manière dont ces résultats conduisaient à une meilleure
compréhension de la structure atomique. Après la présentation de Bragg, Lorentz sollicita des questions et des contributions de la salle - le programme des séances ménageait
suffisamment de temps après chaque rapport pour permettre
une discussion approfondie. Bragg, Heisenberg, Dirac, Born,
de Broglie et le grand maître hollandais Lorentz lui-même,
qui mettait à profit sa maîtrise de l'anglais, de l'allemand et
du français pour aider les confrères moins doués pour les
langues, furent parmi les intervenants de la séance du matin,
avant le déjeuner.
Au cours de la séance de l'après-midi, l'Américain Arthur
Compton présenta son rapport sur l'incapacité de la théorie
électromagnétique du rayonnement à expliquer l'effet
photoélectrique ou l'augmentation de la longueur d'onde
des rayons X quand ils sont diffusés par des électrons. Bien
qu'il ait reçu une partie du prix Nobel de physique 1927 quelques semaines auparavant, une authentique modestie
l'empêcha, pour désigner ce dernier phénomène, de parler
de l'effet Compton, nom sous lequel il était universellement
connu. Là où la grande théorie de James Clerk Maxwell,
datant du XIXe siècle, avait échoué, les quanta de lumière
d'Einstein, fraîchement rebaptisés « photons », réussissaient à
unir expérience et théorie. Les rapports présentés par Bragg
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