INCERTITUDE À COPENHAGUE
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mes travaux et, sans m'en rendre compte et sans en avoir eu
l'intention, je l'ai ainsi blessé personnellement. Quand je
réfléchis maintenant à ces discussions, je peux très bien
comprendre qu'elles aient mis Bohr en colère 74 • » La raison
de pareille contrition était que, deux semaines auparavant, il
avait finalement avoué à Pauli que Bohr avait raison. La diffusion des rayons gamma dans l'ouverture du microscope hypothétique était la base de la relation d'incertitude pour la
quantité de mouvement et la position. « Ainsi la relation
ôpôq~h apparaît certes naturellement, mais pas tout à fait
comme je l'aurais pensé' 5 • » Heisenberg admettait ensuite
que «certains points» étaient plus faciles à traiter en se
servant de la description ondulatoire de Schrôdinger, mais il
demeurait fermement convaincu qu'en physique quantique
«seules les discontinuités sont intéressantes» et qu'on ne
pouvait jamais trop insister dessus. Il avait encore le temps de
retirer son article, mais ce serait aller trop loin. «Tous les
résultats donnés dans l'article sont corrects après tout, dit-il à
Pauli, et je suis aussi d'accord avec Bohr en ce qui les
concerne 76 • »
En guise de compromis, Heisenberg ajouta un postscriptum aux épreuves. «Après la conclusion de l'article cidessus, commençait-il, des investigations plus récentes de
Bohr ont conduit à un point de vue permettant un approfondissement et un affinement essentiels de l'analyse des
corrélations en mécanique quantique esquissées dans ce
travail 77 • » Heisenberg reconnaissait ici que Bohr avait attiré
son attention sur des points essentiels qu'il avait négligésque l'incertitude était une conséquence de la dualité ondeparticule. Il concluait en remerciant Bohr, et avec la publication de l'article, des mois de querelles et de « lourds
malentendus personnels 78 » furent fermement mis entre
parenthèses, même s'ils n'étaient pas complètement
oubliés. Quelles qu'aient pu être leurs différences, comme
dirait plus tard Heisenberg, « tout ce qui comptait maintenant, c'était de présenter les faits de telle manière qu'ils
puissent, malgré leur nouveauté, être appréhendés et
acceptés par tous les physiciens 79 ».
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mes travaux et, sans m'en rendre compte et sans en avoir eu
l'intention, je l'ai ainsi blessé personnellement. Quand je
réfléchis maintenant à ces discussions, je peux très bien
comprendre qu'elles aient mis Bohr en colère 74 • » La raison
de pareille contrition était que, deux semaines auparavant, il
avait finalement avoué à Pauli que Bohr avait raison. La diffusion des rayons gamma dans l'ouverture du microscope hypothétique était la base de la relation d'incertitude pour la
quantité de mouvement et la position. « Ainsi la relation
ôpôq~h apparaît certes naturellement, mais pas tout à fait
comme je l'aurais pensé' 5 • » Heisenberg admettait ensuite
que «certains points» étaient plus faciles à traiter en se
servant de la description ondulatoire de Schrôdinger, mais il
demeurait fermement convaincu qu'en physique quantique
«seules les discontinuités sont intéressantes» et qu'on ne
pouvait jamais trop insister dessus. Il avait encore le temps de
retirer son article, mais ce serait aller trop loin. «Tous les
résultats donnés dans l'article sont corrects après tout, dit-il à
Pauli, et je suis aussi d'accord avec Bohr en ce qui les
concerne 76 • »
En guise de compromis, Heisenberg ajouta un postscriptum aux épreuves. «Après la conclusion de l'article cidessus, commençait-il, des investigations plus récentes de
Bohr ont conduit à un point de vue permettant un approfondissement et un affinement essentiels de l'analyse des
corrélations en mécanique quantique esquissées dans ce
travail 77 • » Heisenberg reconnaissait ici que Bohr avait attiré
son attention sur des points essentiels qu'il avait négligésque l'incertitude était une conséquence de la dualité ondeparticule. Il concluait en remerciant Bohr, et avec la publication de l'article, des mois de querelles et de « lourds
malentendus personnels 78 » furent fermement mis entre
parenthèses, même s'ils n'étaient pas complètement
oubliés. Quelles qu'aient pu être leurs différences, comme
dirait plus tard Heisenberg, « tout ce qui comptait maintenant, c'était de présenter les faits de telle manière qu'ils
puissent, malgré leur nouveauté, être appréhendés et
acceptés par tous les physiciens 79 ».
