INCERTITUDE À COPENHAGUE
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le matériel utilisé pour effectuer une mesure et ce qui était
mesuré.
Bohr affirmait catégoriquement que c'était la nature spécifique de l'expérience effectuée qui révélait l'aspect soit
corpusculaire soit ondulatoire d'un électron ou d'un faisceau
lumineux, de la matière ou du rayonnement. Ils ne pouvaient
être présents en même temps dans aucune expérience réelle
ou possible. Puisque onde et particule étaient des facettes
complémentaires mais mutuellement exclusives du même
phénomène sousjacent, il n'y aurait pas de situation expérimentale dans lesquelles elles entreraient en conflit l'une avec
l'autre. Lorsque le matériel était réglé pour étudier les interférences lumineuses, comme dans la célèbre expérience de la
double fente de Young, c'était la nature ondulatoire de la
lumière qui se manifestait. S'il s'agissait d'une expérience
pour étudier l'effet photoélectrique en projetant un faisceau
lumineux sur une surface métallique, alors c'était la lumière
comme corpuscule qui était observée. Demander si la lumière
est une onde ou une particule n'a pas de sens. En mécanique
quantique, dit Bohr, il n'y a pas moyen de savoir ce que la
lumière «est vraiment». Une seule question vaut la peine
d'être posée: est-ce que la lumière «se comporte» comme
une particule ou comme une onde ? La réponse est que
certaines fois elle se comporte comme une particule, et
d'autres fois comme une onde, selon l'expérience choisie.
Bohr donnait un rôle déterminant au choix de l' expérience à effectuer. Heisenberg identifiait l'action de mesurer
- pour déterminer, par exemple, la position exacte d'un électron - comme l'origine de la perturbation qui excluait une
mesure simultanée précise de sa quantité de mouvement.
Bohr admettait qu'il y avait une perturbation. « De fait, notre
description habituelle [classique] des phénomènes physiques
se fonde entièrement sur l'idée que les phénomènes
concernés puissent être observés sans être perturbés d'une
manière appréciable 69 », dit-il lors d'une conférence donnée
en septembre 1927. Cette déclaration impliquait que pareille
perturbation est causée par l'action d'observer les phénomènes dans l'univers quantique. Un mois plus tard, il était
plus explicite lorsque, dans un projet d'article, il écrivait
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le matériel utilisé pour effectuer une mesure et ce qui était
mesuré.
Bohr affirmait catégoriquement que c'était la nature spécifique de l'expérience effectuée qui révélait l'aspect soit
corpusculaire soit ondulatoire d'un électron ou d'un faisceau
lumineux, de la matière ou du rayonnement. Ils ne pouvaient
être présents en même temps dans aucune expérience réelle
ou possible. Puisque onde et particule étaient des facettes
complémentaires mais mutuellement exclusives du même
phénomène sousjacent, il n'y aurait pas de situation expérimentale dans lesquelles elles entreraient en conflit l'une avec
l'autre. Lorsque le matériel était réglé pour étudier les interférences lumineuses, comme dans la célèbre expérience de la
double fente de Young, c'était la nature ondulatoire de la
lumière qui se manifestait. S'il s'agissait d'une expérience
pour étudier l'effet photoélectrique en projetant un faisceau
lumineux sur une surface métallique, alors c'était la lumière
comme corpuscule qui était observée. Demander si la lumière
est une onde ou une particule n'a pas de sens. En mécanique
quantique, dit Bohr, il n'y a pas moyen de savoir ce que la
lumière «est vraiment». Une seule question vaut la peine
d'être posée: est-ce que la lumière «se comporte» comme
une particule ou comme une onde ? La réponse est que
certaines fois elle se comporte comme une particule, et
d'autres fois comme une onde, selon l'expérience choisie.
Bohr donnait un rôle déterminant au choix de l' expérience à effectuer. Heisenberg identifiait l'action de mesurer
- pour déterminer, par exemple, la position exacte d'un électron - comme l'origine de la perturbation qui excluait une
mesure simultanée précise de sa quantité de mouvement.
Bohr admettait qu'il y avait une perturbation. « De fait, notre
description habituelle [classique] des phénomènes physiques
se fonde entièrement sur l'idée que les phénomènes
concernés puissent être observés sans être perturbés d'une
manière appréciable 69 », dit-il lors d'une conférence donnée
en septembre 1927. Cette déclaration impliquait que pareille
perturbation est causée par l'action d'observer les phénomènes dans l'univers quantique. Un mois plus tard, il était
plus explicite lorsque, dans un projet d'article, il écrivait
