INCERTITUDE À COPENHAGUE
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complémentaires mais mutuellement exclusifs, les particules
et les ondes ou la quantité de mouvement et la position,
pouvaient s'appliquer simultanément sans contradiction dans
l'univers quantique 63 •
Les relations d'incertitude impliquaient également qu'il
fallait faire un choix entre ce que Bohr appelait une description « causale » fondée sur les lois de la conservation de
l'énergie et de la quantité de mouvement (E et p dans les relations d'incertitude), et une description « spatio-temporelle »
dans laquelle des événements se suivent dans l'espace et le
temps (q et t). Ces deux descriptions étaient mutuellement
exclusives mais complémentaires, de manière à rendre
compte des résultats de toutes les expériences possibles. À la
grande consternation de Heisenberg, la « complémentarité »
de Bohr avait réduit le principe d'incertitude à une règle
particulière révélant les limites, inhérentes à la nature, imposées à toute mesure simultanée de couples complémentaires
d'observables telles que la position et la quantité de mouvement, ou à l'usage simultané de deux descriptions complémentaires.
Il y avait encore une divergence d'opinion. Alors que le principe d'incertitude conduisait Heisenberg à soumettre à question l'application au domaine atomique de concepts classiques
tels que « particule », « onde », «position », « quantité de
mouvement» et« trajectoire», Bohr soutenait que « l'interprétation du matériau expérimental repose essentiellement sur
les concepts classiques 64 »,Tandis que Heisenberg insistait sur
une définition opérationnelle de ces concepts, une sorte de
sens acquis via le procédé de mesure, Bohr affirmait que leur
sens était déjà fixé par la manière dont ils étaient utilisés en
physique classique. « Toute description de processus naturels,
avait-il écrit en 1923, doit se fonder sur des idées qui ont été
introduites et définies par la théorie classique 65 • » Quelles que
soient les restrictions imposées par le principe d'incertitude,
ces idées ne pouvaient être remplacées pour la simple raison
que toutes les données expérimentales avec lesquelles les
théories sont mises à l'épreuve, ainsi que les discussions et
interprétations correspondantes, sont forcément exprimées
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