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LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
complémentaires du même phénomène. Ondes et particules
étaient les deux faces de la même pièce.
La complémentarité évitait élégamment les difficultés nées
de l'obligation d'utiliser deux descriptions classiques disparates, les ondes et les particules, pour décrire un univers non
classique. D'après Bohr, les particules comme les ondes
étaient indispensables à une description complète de la
réalité quantique. Chaque description n'est à elle seule que
partiellement vraie. Les photons donnent une image de la
lumière, et les ondes en donnent une autre. Elles coexistent,
mais, pour éviter les contradictions, il y avait des restrictions.
À un instant donné, l'observateur ne peut en voir qu'une
seule à la fois. Aucune expérience ne pourrait jamais révéler
une particule et une onde en même temps. Bohr affirmait
que « des preuves obtenues dans des conditions différentes
ne peuvent être appréhendées dans une image unique, mais
doivent être considérées comme complémentaires au sens que
seule la totalité du phénomène épuise les informations possibles sur les objets 62 ».
Bohr trouva un appui pour ses idées émergentes lorsqu'il
discerna dans les relations d'incertitude ~p~q ~ h/27t et
~M ~ h/27t quelque chose que Heisenberg, aveuglé par son
intense aversion pour les ondes et la continuité, n'avait pas
vu. L'équation de Planck-Einstein E = hv et la formule de de
Broglie p = h/Â incarnaient la dualité onde-particule.
L'énergie et la quantité de mouvement sont des propriétés
communément associées aux particules, tandis que la
fréquence et la longueur d'onde sont l'une et l'autre des
caractéristiques des ondes. Chaque équation contenait une
variable corpusculaire et une variable ondulatoire. Le sens de
cette combinaison de caractéristiques corpusculaires et ondulatoires dans une même équation était une énigme irritante
pour Bohr. Après tout, une particule et une onde sont deux
entités physiques totalement distinctes.
En corrigeant l'analyse effectuée par Heisenberg de l'expérience imaginaire du microscope, Bohr s'aperçut qu'il en
était de même pour les relations d'incertitude. Cette découverte le conduisit à interpréter le principe d'incertitude
comme révélateur du degré auquel deux concepts classiques
LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
complémentaires du même phénomène. Ondes et particules
étaient les deux faces de la même pièce.
La complémentarité évitait élégamment les difficultés nées
de l'obligation d'utiliser deux descriptions classiques disparates, les ondes et les particules, pour décrire un univers non
classique. D'après Bohr, les particules comme les ondes
étaient indispensables à une description complète de la
réalité quantique. Chaque description n'est à elle seule que
partiellement vraie. Les photons donnent une image de la
lumière, et les ondes en donnent une autre. Elles coexistent,
mais, pour éviter les contradictions, il y avait des restrictions.
À un instant donné, l'observateur ne peut en voir qu'une
seule à la fois. Aucune expérience ne pourrait jamais révéler
une particule et une onde en même temps. Bohr affirmait
que « des preuves obtenues dans des conditions différentes
ne peuvent être appréhendées dans une image unique, mais
doivent être considérées comme complémentaires au sens que
seule la totalité du phénomène épuise les informations possibles sur les objets 62 ».
Bohr trouva un appui pour ses idées émergentes lorsqu'il
discerna dans les relations d'incertitude ~p~q ~ h/27t et
~M ~ h/27t quelque chose que Heisenberg, aveuglé par son
intense aversion pour les ondes et la continuité, n'avait pas
vu. L'équation de Planck-Einstein E = hv et la formule de de
Broglie p = h/Â incarnaient la dualité onde-particule.
L'énergie et la quantité de mouvement sont des propriétés
communément associées aux particules, tandis que la
fréquence et la longueur d'onde sont l'une et l'autre des
caractéristiques des ondes. Chaque équation contenait une
variable corpusculaire et une variable ondulatoire. Le sens de
cette combinaison de caractéristiques corpusculaires et ondulatoires dans une même équation était une énigme irritante
pour Bohr. Après tout, une particule et une onde sont deux
entités physiques totalement distinctes.
En corrigeant l'analyse effectuée par Heisenberg de l'expérience imaginaire du microscope, Bohr s'aperçut qu'il en
était de même pour les relations d'incertitude. Cette découverte le conduisit à interpréter le principe d'incertitude
comme révélateur du degré auquel deux concepts classiques
