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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
correct 55 ». Non seulement Bohr contestait l'interprétation de
Heisenberg, mais il avait aussi repéré une erreur dans son
analyse de l'expérience imaginaire du microscope à rayons
gamma. Le fonctionnement du microscope avait déjà failli
causer la perte de Heisenberg quand il était étudiant à
Munich ; seule l'intervention de Sommerfeld avait sauvé son
doctorat. Peu après, non sans quelque honte, Heisenberg
s'était documenté sur les microscopes. Il allait découvrir qu'il
lui restait encore à apprendre.
Bohr lui dit qu'il avait tort de placer l'origine de l'incertitude relative à la quantité de mouvement de l'électron dans
son sursaut de recul discontinu suite à l'impact du photon
gamma. Il soutenait que ce qui interdit la mesure précise de
la quantité de mouvement de l'électron n'est pas la nature
discontinue et incontrôlable du changement qu'il subit, mais
l'impossibilité de mesurer exactement ce changement. L'effet
Compton, dit Bohr, permet de déterminer ce changement
dans la quantité de mouvement avec une grande exactitude
tant que l'angle de déviation du photon à travers l'ouverture
du microscope est déterminé avec précision. Toutefois,
comme l'ouverture finie de l'objectiflimite le pouvoir séparateur du microscope et donc sa capacité à localiser exactement
tout objet microphysique, la position de l'électron quand le
photon le percute est incertaine. Heisenberg n'avait pas tenu
compte de ces détails. Et ce n'était pas tout.
Bohr soutenait qu'une interprétation ondulatoire du
quantum de lumière dévié était indispensable pour analyser
correctement l'expérience imaginaire. Pour Bohr, c'était la
dualité onde-particule du rayonnement et de la matière qui
était au cœur de l'incertitude quantique, et il associa les
paquets d'ondes de Schrôdinger au nouveau principe de
Heisenberg. Si l'on considère l'électron comme un paquet
d'ondes, il importe alors qu'il soit localisé et non étalé pour
qu'il ait une position précise et bien définie. Pareil paquet se
forme par la superposition et l'interférence d'un groupe
d'ondes. Plus le paquet d'ondes est étroitement localisé,
resserré ou confiné, plus grande est la variété des ondes
nécessaires, plus étendue est la gamme des fréquences et
longueurs d'onde mises enjeu. Une onde isolée possède une
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