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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
mécaniques matricielle et ondulatoire n'étaient que des cas
particuliers d'une formulation plus abstraite de la mécanique quantique appelée théorie de la transformation. Il ne
manquait plus qu'une interprétation physique du formalisme. Et cette recherche commençait à se montrer épuisante.
« Comme nos conversations se prolongeaient souvent bien
après minuit sans aboutir à une conclusion satisfaisante malgré
des efforts redoublés depuis plusieurs mois, se rappela
Heisenberg, nous avons fini par être totalement éreintés et
assez tendus 27 • » Bohr décida qu'il n'en pouvait plus et partit
skier à Guldbrandsdalen, en Nmvège, pendant quatre semaines
en février 1927. Heisenberg était heureux de le voir partiril allait « pouvoir réfléchir à ces problèmes désespérément
compliqués sans être dérangë 8 ».Aucun n'était plus pressant
que celui de la trajectoire d'un électron dans une chambre de
Wilson.
Quand Bohr rencontra Rutherford à Cambridge lors du
banquet des jeunes chercheurs du Cavendish en décembre 1911,
il fut frappé par l'enthousiasme avec lequel le Néo-Zélandais
salua la récente invention par C.T.R. Wilson de la chambre à
brouillard. L'Écossais avait réussi à créer du brouillard dans
une petite chambre aux parois en verre contenant de l'air
saturé de vapeur d'eau. Refroidir l'air en le laissant se
détendre provoque une condensation de la vapeur sous
forme de gouttelettes minuscules sur des particules de poussière, produisant ainsi du brouillard. Bientôt, Wilson put
créer du « brouillard » même après avoir éliminé toute trace
de poussière dans la chambre. La seule explication qu'il
puisse proposer était que le brouillard était formé par la
condensation sur les ions présents dans l'air à l'intérieur de la
chambre. Il y avait toutefois une autre possibilité. Le rayonnement traversant la chambre pouvait arracher des électrons
aux atomes présents dans l'air et former des ions, laissant
ainsi dans son sillage une trace formée de minuscules gouttelettes d'eau. On découvrit rapidement que c'était exactement
ce que faisait le rayonnement. Wilson avait apparemment
donné aux physiciens un instrument pour observer les trajec-
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
mécaniques matricielle et ondulatoire n'étaient que des cas
particuliers d'une formulation plus abstraite de la mécanique quantique appelée théorie de la transformation. Il ne
manquait plus qu'une interprétation physique du formalisme. Et cette recherche commençait à se montrer épuisante.
« Comme nos conversations se prolongeaient souvent bien
après minuit sans aboutir à une conclusion satisfaisante malgré
des efforts redoublés depuis plusieurs mois, se rappela
Heisenberg, nous avons fini par être totalement éreintés et
assez tendus 27 • » Bohr décida qu'il n'en pouvait plus et partit
skier à Guldbrandsdalen, en Nmvège, pendant quatre semaines
en février 1927. Heisenberg était heureux de le voir partiril allait « pouvoir réfléchir à ces problèmes désespérément
compliqués sans être dérangë 8 ».Aucun n'était plus pressant
que celui de la trajectoire d'un électron dans une chambre de
Wilson.
Quand Bohr rencontra Rutherford à Cambridge lors du
banquet des jeunes chercheurs du Cavendish en décembre 1911,
il fut frappé par l'enthousiasme avec lequel le Néo-Zélandais
salua la récente invention par C.T.R. Wilson de la chambre à
brouillard. L'Écossais avait réussi à créer du brouillard dans
une petite chambre aux parois en verre contenant de l'air
saturé de vapeur d'eau. Refroidir l'air en le laissant se
détendre provoque une condensation de la vapeur sous
forme de gouttelettes minuscules sur des particules de poussière, produisant ainsi du brouillard. Bientôt, Wilson put
créer du « brouillard » même après avoir éliminé toute trace
de poussière dans la chambre. La seule explication qu'il
puisse proposer était que le brouillard était formé par la
condensation sur les ions présents dans l'air à l'intérieur de la
chambre. Il y avait toutefois une autre possibilité. Le rayonnement traversant la chambre pouvait arracher des électrons
aux atomes présents dans l'air et former des ions, laissant
ainsi dans son sillage une trace formée de minuscules gouttelettes d'eau. On découvrit rapidement que c'était exactement
ce que faisait le rayonnement. Wilson avait apparemment
donné aux physiciens un instrument pour observer les trajec-
