INCERTITUDE À COPENHAGUE
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chissaient à la dualité onde-particule, plus la situation empirait. «Comme un chimiste qui essaie d'obtenir un poison de
plus en plus concentré à partir d'une certaine solution, se
rappela Heisenberg, nous essayions de concentrer le poison
du paradoxe 25 • » La tension montait entre les deux hommes,
car ils adoptèrent chacun une démarche différente pour
résoudre le problème.
Dans sa recherche d'une interprétation physique de la
mécanique quantique, de ce que la théorie révélait de la
nature de la réalité au niveau atomique, Heisenberg s'engageait totalement du côté des particules, des sauts quantiques
et de la discontinuité. Pour lui, l'aspect corpusculaire était
dominant dans la dualité onde-particule. Il n'était pas
disposé à ménager un espace pour loger le moindre concept
qui soit, de près ou de loin, lié à l'interprétation de
Schrôdinger. Heisenberg était horrifié de voir que Bohr
voulait «jouer avec les deux systèmes 26 >>. Contrairement au
jeune Allemand, il n'avait pas épousé la mécanique quantique et n'étaitjamais tombé sous le charme du formalisme
mathématique. Alors que la première escale de Heisenberg
restait les mathématiques, Bohr avait levé l'ancre et cherchait à comprendre la physique derrière les mathématiques.
En sondant des concepts quantiques tels que la dualité
onde-particule, il visait plus à saisir le contenu physique
d'une idée que les mathématiques qui l'enveloppaient. Bohr
croyait qu'il fallait trouver un moyen d'autoriser l'existence
simultanée des particules et des ondes dans toute description complète des processus atomiques. Réconcilier ces
deux concepts contradictoires était pour lui la clé qui ouvrirait la porte à une interp:·étation physique cohérente de la
mécanique quantique.
Depuis la découverte par Schrôdinger de la mécanique
ondulatoire, l'opinion générale était qu'il y avait une
théorie quantique de trop. Il fallait une formulation unique,
et ce, d'autant plus que les deux théories étaient mathématiquement équivalentes. Ce furent Dirac etjordan, indépendamment l'un de l'autre, qui trouvèrent pareil formalisme
au cours de l'automne. Dirac, qui était arrivé à Copenhague
en septembre pour un séjour de six mois, démontra que les
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chissaient à la dualité onde-particule, plus la situation empirait. «Comme un chimiste qui essaie d'obtenir un poison de
plus en plus concentré à partir d'une certaine solution, se
rappela Heisenberg, nous essayions de concentrer le poison
du paradoxe 25 • » La tension montait entre les deux hommes,
car ils adoptèrent chacun une démarche différente pour
résoudre le problème.
Dans sa recherche d'une interprétation physique de la
mécanique quantique, de ce que la théorie révélait de la
nature de la réalité au niveau atomique, Heisenberg s'engageait totalement du côté des particules, des sauts quantiques
et de la discontinuité. Pour lui, l'aspect corpusculaire était
dominant dans la dualité onde-particule. Il n'était pas
disposé à ménager un espace pour loger le moindre concept
qui soit, de près ou de loin, lié à l'interprétation de
Schrôdinger. Heisenberg était horrifié de voir que Bohr
voulait «jouer avec les deux systèmes 26 >>. Contrairement au
jeune Allemand, il n'avait pas épousé la mécanique quantique et n'étaitjamais tombé sous le charme du formalisme
mathématique. Alors que la première escale de Heisenberg
restait les mathématiques, Bohr avait levé l'ancre et cherchait à comprendre la physique derrière les mathématiques.
En sondant des concepts quantiques tels que la dualité
onde-particule, il visait plus à saisir le contenu physique
d'une idée que les mathématiques qui l'enveloppaient. Bohr
croyait qu'il fallait trouver un moyen d'autoriser l'existence
simultanée des particules et des ondes dans toute description complète des processus atomiques. Réconcilier ces
deux concepts contradictoires était pour lui la clé qui ouvrirait la porte à une interp:·étation physique cohérente de la
mécanique quantique.
Depuis la découverte par Schrôdinger de la mécanique
ondulatoire, l'opinion générale était qu'il y avait une
théorie quantique de trop. Il fallait une formulation unique,
et ce, d'autant plus que les deux théories étaient mathématiquement équivalentes. Ce furent Dirac etjordan, indépendamment l'un de l'autre, qui trouvèrent pareil formalisme
au cours de l'automne. Dirac, qui était arrivé à Copenhague
en septembre pour un séjour de six mois, démontra que les
