RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
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mamere dont la nature s'arrange pour que la chaleur ne
passe pas spontanément d'un objet froid à un objet chaud.
Seuls des processus idéaux dans lesquels l'entropie reste
inchangée sont réversibles. Toutefois, il ne se produisent
jamais dans la pratique, mais seulement dans l'imagination
des physiciens. L'entropie de l'Univers tend vers un maximum.
Avec l'énergie, Planck finit par considérer l'entropie comme
«la propriété la plus importante des systèmes physiques 26 »,
Une fois rentré à Munich après son année à Berlin, il
consacra sa thèse de doctorat à l'exploration du concept
~'irréversibilité. Elle deviendrait, espérait-il, sa carte de visite.
A sa grande consternation, il « ne trouva aucun intérêt, sans
parler d'approbation, même chez les physiciens qui s'occupaient précisément de ce sujet 27 », Helmholtz ne lut pas sa
thèse ; Kirchhoff la lut, mais exprima son désaccord. Clausius,
qui avait eu tant d'influence sur Planck, ne répondit même
pas à sa lettre. «L'effet de ma thèse sur les physiciens de cette
époque fut égal à zéro», se rappela Planck non sans amertume près de soixante-dix ans plus tard. Mais, poussé par une
«impulsion intérieure», il ne se découragea pas 28 • La therm~
dynamique et surtout son deuxième principe commencèrent
alors à dominer la pensée scientifique de Planck quand il
commença sa carrière universitaire 29 •
Les universités allemandes étaient des institutions d'État.
Les professeurs « extraordinaires » (maîtres-assistants) et« ordinaires» (professeurs titulaires) étaient des fonctionnaires
nommés et employés par le ministère de l'Instruction
publique. En 1880, Planck fut nommé Privatdozent (chargé de
cours non rémunéré) à l'université de Munich. N'étant
employé ni par l'État ni par l'université, il avait simplement
acquis le droit d'enseigner en échange de frais de scolarité
versés par les étudiants qui assistaient à ses cours. Cinq années
durant, il attendit en vain une nomination à un poste de
professeur extraordinaire. En tant que théoricien qui ne se
souciait pas de mener des recherches expérimentales, Planck
savait que ses chances d'avancement étaient minces. La
physique théorique n'était pas encore fermement établie
comme discipline distincte. Même en 1900, il n'y avait en
Allemagne que seize professeurs de physique théorique.
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mamere dont la nature s'arrange pour que la chaleur ne
passe pas spontanément d'un objet froid à un objet chaud.
Seuls des processus idéaux dans lesquels l'entropie reste
inchangée sont réversibles. Toutefois, il ne se produisent
jamais dans la pratique, mais seulement dans l'imagination
des physiciens. L'entropie de l'Univers tend vers un maximum.
Avec l'énergie, Planck finit par considérer l'entropie comme
«la propriété la plus importante des systèmes physiques 26 »,
Une fois rentré à Munich après son année à Berlin, il
consacra sa thèse de doctorat à l'exploration du concept
~'irréversibilité. Elle deviendrait, espérait-il, sa carte de visite.
A sa grande consternation, il « ne trouva aucun intérêt, sans
parler d'approbation, même chez les physiciens qui s'occupaient précisément de ce sujet 27 », Helmholtz ne lut pas sa
thèse ; Kirchhoff la lut, mais exprima son désaccord. Clausius,
qui avait eu tant d'influence sur Planck, ne répondit même
pas à sa lettre. «L'effet de ma thèse sur les physiciens de cette
époque fut égal à zéro», se rappela Planck non sans amertume près de soixante-dix ans plus tard. Mais, poussé par une
«impulsion intérieure», il ne se découragea pas 28 • La therm~
dynamique et surtout son deuxième principe commencèrent
alors à dominer la pensée scientifique de Planck quand il
commença sa carrière universitaire 29 •
Les universités allemandes étaient des institutions d'État.
Les professeurs « extraordinaires » (maîtres-assistants) et« ordinaires» (professeurs titulaires) étaient des fonctionnaires
nommés et employés par le ministère de l'Instruction
publique. En 1880, Planck fut nommé Privatdozent (chargé de
cours non rémunéré) à l'université de Munich. N'étant
employé ni par l'État ni par l'université, il avait simplement
acquis le droit d'enseigner en échange de frais de scolarité
versés par les étudiants qui assistaient à ses cours. Cinq années
durant, il attendit en vain une nomination à un poste de
professeur extraordinaire. En tant que théoricien qui ne se
souciait pas de mener des recherches expérimentales, Planck
savait que ses chances d'avancement étaient minces. La
physique théorique n'était pas encore fermement établie
comme discipline distincte. Même en 1900, il n'y avait en
Allemagne que seize professeurs de physique théorique.
