« UN SURSAUT ÉROTIQUE TARDIF »
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hôtes, Bohr, dans son désir de convaincre Schrôdinger de son
erreur, sembla, même à Heisenberg, se comporter en « fanatique impitoyable qui n'était pas disposé à faire la moindre
concession ni à admettre qu'il ait pu jamais se tromper 71 ».
Bohr et Schrôdinger défendaient passionnément leurs convictions profondément enracinées quant à l'interprétation
physique de la nouvelle mécanique. Ni l'un ni l'autre n'était
prêt à faire la moindre concession sans opposer une violente
résistance. Chacun se jetait sur la moindre faiblesse ou imprécision dans l'argumentation de l'autre.
Au cours d'une de ces discussions, Schrôdinger affirma que
« toute cette idée de sauts quantiques est de la pure fantasmagorie. - Mais cela ne prouve pas qu'il n'y ait pas de
sauts quantiques », rétorqua Bohr. Cela prouvait seulement, poursuivit-il, que «nous ne pouvons pas les imaginer».
Le ton monta d'un cran. «Vous ne pouvez pas sérieusement
essayer de mettre en doute tout le fondement de la théorie
des quanta! » protesta Bohr. Schrôdinger admit qu'il restait
encore beaucoup de choses à expliquer en détail, mais que
Bohr, lui non plus, «n'avait toujours pas découvert une interprétation physique satisfaisante de la mécanique quantique ».
Sous les assauts de Bohr, Schrôdinger finit par craquer. « Si
toutes ces fichues histoires de saut quantique devaient vraiment perdurer, je regretterais d'avoir jamais touché à la
théorie quantique. - Mais nous vous sommes extrêmement
reconnaissants de l'avoir fait, répondit Bohr. Votre mécanique ondulatoire à apporté une telle contribution à la clarté
et à la simplicité mathématique qu'elle représente une
avancée gigantesque par rapport à toutes les formes précédentes de la mécanique quantique 72 • »
Au bout de quelques jours de ce régime impitoyable,
Schrôdinger tomba malade sous le stress et dut s'aliter. Alors
même que son épouse faisait son possible pour soigner leur
invité, Bohr continuait la discussion, assis sur le coin du lit :
«Mais sûrement, Schrôdinger, vous devriez voir que ... » Il
voyait bien, mais uniquement avec les lunettes qu'il portait
depuis longtemps, et il n'était pas disposé à les échanger
contre celles prescrites par Bohr. Il n'y avait eu pratiquement
aucune chance que les deux hommes aboutissent à un
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hôtes, Bohr, dans son désir de convaincre Schrôdinger de son
erreur, sembla, même à Heisenberg, se comporter en « fanatique impitoyable qui n'était pas disposé à faire la moindre
concession ni à admettre qu'il ait pu jamais se tromper 71 ».
Bohr et Schrôdinger défendaient passionnément leurs convictions profondément enracinées quant à l'interprétation
physique de la nouvelle mécanique. Ni l'un ni l'autre n'était
prêt à faire la moindre concession sans opposer une violente
résistance. Chacun se jetait sur la moindre faiblesse ou imprécision dans l'argumentation de l'autre.
Au cours d'une de ces discussions, Schrôdinger affirma que
« toute cette idée de sauts quantiques est de la pure fantasmagorie. - Mais cela ne prouve pas qu'il n'y ait pas de
sauts quantiques », rétorqua Bohr. Cela prouvait seulement, poursuivit-il, que «nous ne pouvons pas les imaginer».
Le ton monta d'un cran. «Vous ne pouvez pas sérieusement
essayer de mettre en doute tout le fondement de la théorie
des quanta! » protesta Bohr. Schrôdinger admit qu'il restait
encore beaucoup de choses à expliquer en détail, mais que
Bohr, lui non plus, «n'avait toujours pas découvert une interprétation physique satisfaisante de la mécanique quantique ».
Sous les assauts de Bohr, Schrôdinger finit par craquer. « Si
toutes ces fichues histoires de saut quantique devaient vraiment perdurer, je regretterais d'avoir jamais touché à la
théorie quantique. - Mais nous vous sommes extrêmement
reconnaissants de l'avoir fait, répondit Bohr. Votre mécanique ondulatoire à apporté une telle contribution à la clarté
et à la simplicité mathématique qu'elle représente une
avancée gigantesque par rapport à toutes les formes précédentes de la mécanique quantique 72 • »
Au bout de quelques jours de ce régime impitoyable,
Schrôdinger tomba malade sous le stress et dut s'aliter. Alors
même que son épouse faisait son possible pour soigner leur
invité, Bohr continuait la discussion, assis sur le coin du lit :
«Mais sûrement, Schrôdinger, vous devriez voir que ... » Il
voyait bien, mais uniquement avec les lunettes qu'il portait
depuis longtemps, et il n'était pas disposé à les échanger
contre celles prescrites par Bohr. Il n'y avait eu pratiquement
aucune chance que les deux hommes aboutissent à un
