« UN SURSAUT ÉROTIQUE TARDIF »
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La nouvelle physique de la mécanique ondulatoire se
répandit comme une traînée de poudre dans la communauté
des physiciens européens au printemps 1926, et beaucoup
voulaient entendre Schrôdinger débattre de sa théorie en
personne. Zurich était très excentré par rapport au triangle
d'or quantique formé par Copenhague, Gôttingen et Munich.
Lorsque Wilhelm Wien et Arnold Sommerfeld l'invitèrent à
donner deux conférences à Munich, Schrôdinger s'empressa
d'accepter. La première conférence, le 21juillet, eut pour
cadre le « colloque du mercredi » de Sommerfeld, tandis que
la deuxième, le 23, serait donnée devant la section bavaroise
de la Société de physique allemande. La première se passa
sans incident. Pas la seconde. Heisenberg, qui était à l'époque
établi à Copenhague, était revenu à Munich juste à temps
pour assister aux deux conférences de Schrôdinger avant de
partir en randonnée.
Assis dans l'amphithéâtre bondé de l'institut de physique,
Heisenberg écouta sans broncher jusqu'au bout l'exposé de
Schrôdinger, intitulé « Nouveaux résultats de la mécanique
ondulatoire>>. Pendant la séance de questions et de réponses
qui suivit, il fut en proie à une agitation grandissante et finalement ne put garder le silence. Il se leva donc, et tous les
regards étaient fixés sur lui, car tout le monde attendait de
savoir ce qu'il aurait à dire. La théorie de Schrôdinger, fit-il
remarquer, ne pouvait expliquer ni la loi du rayonnement de
Planck, ni l'expérience de Franck-Hertz, ni l'effet Compton,
ni l'effet photoélectrique, qui tous ne pouvaient s'expliquer
sans la discontinuité et les sauts quantiques - les concepts
même que Schrôdinger cherchait à éliminer.
Certains membres de l'auditoire exprimaient déjà leur
désapprobation devant les remarques d'un jeune homme de
vingt-quatre ans, et Schrôdinger allait répondre, lorsque
Wien, agacé, se leva et intervint. Le vieux physicien, raconta
plus tard Heisenberg à Pauli, «m'a presque mis à la porte de
l'amphi 64 ». Le contentieux entre Wien et Heisenberg remontait aux études de ce dernier à Munich et à sa médiocre prestation, lors de sa soutenance de thèse, sur tout sujet ayant
trait de près ou de loin à la physique expérimentale. «jeune
homme, le Pr. Schrôdinger répondra certainement à toutes
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