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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
point de vue de notre mécanique quantique, il n'existe
aucune grandeur qui, dans un cas individuel, détermine
causalement l'effet d'une collision 58 », écrivit Born. Et il
avouait: «J'ai moi-même tendance à abandonner le déterminisme dans le monde atomique 59 • » Or, tandis que «le
mouvement des particules obéit à des règles de probabilité»,
Born fit remarquer que « la probabilité elle-même se propage
suivant la loi de la causalité 6 ô ».
Il fallut à Born l'intervalle entre son premier et son second
article pour pleinement comprendre qu'il avait introduit dans
la physique une probabilité d'un genre nouveau. La« probabilité quantique», faute d'un terme plus parlant, n'était pas
la probabilité classique de l'ignorance qui pouvait théoriquement être éliminée, mais une caractéristique intrinsèque de la
réalité atomique. Par exemple, le fait qu'il soit impossible de
prédire quand un atome individuel se désintégrerait dans un
échantillon radioactif en dépit de la certitude qu'il y en aurait
un qui le ferait n'était pas dû à une connaissance imparfaite,
mais au résultat de la nature probabiliste des règles quantiques gouvernant la désintégration radioactive.
Schrôdinger réfuta l'interprétation probabiliste de Born. Il
n'admettait pas qu'une collision d'un électron ou d'une particule alpha avec un atome soit «absolument accidentelle»,
c'est-à-dire «complètement indéterminée 61 ». Car, si Born
avait raison, il n'y avait pas moyen d'éviter les sauts quantiques et la causalité était menacée une fois de plus. En
novembre 1926, il écrivit à Born : «J'ai toutefois l'impression
que vous-même et d'autres, qui partagent essentiellement
votre opinion, êtes trop profondément sous le charme de ces
concepts (comme les états stationnaires, les sauts quantiques,
etc.) qui ont obtenu le droit de cité dans notre pensée depuis
une douzaine d'années; par conséquent, vous ne pouvez
rendre complètement justice à une tentative pour rompre
avec cette façon de penser 62 • » Schrôdinger n'abandonna
jamais son interprétation de la mécanique ondulatoire et sa
tentative pour rendre les phénomènes atomiques représentables. «je ne peux pas m'imaginer un électron en train de
sauter comme une puce 63 »,dit-il unjour.
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
point de vue de notre mécanique quantique, il n'existe
aucune grandeur qui, dans un cas individuel, détermine
causalement l'effet d'une collision 58 », écrivit Born. Et il
avouait: «J'ai moi-même tendance à abandonner le déterminisme dans le monde atomique 59 • » Or, tandis que «le
mouvement des particules obéit à des règles de probabilité»,
Born fit remarquer que « la probabilité elle-même se propage
suivant la loi de la causalité 6 ô ».
Il fallut à Born l'intervalle entre son premier et son second
article pour pleinement comprendre qu'il avait introduit dans
la physique une probabilité d'un genre nouveau. La« probabilité quantique», faute d'un terme plus parlant, n'était pas
la probabilité classique de l'ignorance qui pouvait théoriquement être éliminée, mais une caractéristique intrinsèque de la
réalité atomique. Par exemple, le fait qu'il soit impossible de
prédire quand un atome individuel se désintégrerait dans un
échantillon radioactif en dépit de la certitude qu'il y en aurait
un qui le ferait n'était pas dû à une connaissance imparfaite,
mais au résultat de la nature probabiliste des règles quantiques gouvernant la désintégration radioactive.
Schrôdinger réfuta l'interprétation probabiliste de Born. Il
n'admettait pas qu'une collision d'un électron ou d'une particule alpha avec un atome soit «absolument accidentelle»,
c'est-à-dire «complètement indéterminée 61 ». Car, si Born
avait raison, il n'y avait pas moyen d'éviter les sauts quantiques et la causalité était menacée une fois de plus. En
novembre 1926, il écrivit à Born : «J'ai toutefois l'impression
que vous-même et d'autres, qui partagent essentiellement
votre opinion, êtes trop profondément sous le charme de ces
concepts (comme les états stationnaires, les sauts quantiques,
etc.) qui ont obtenu le droit de cité dans notre pensée depuis
une douzaine d'années; par conséquent, vous ne pouvez
rendre complètement justice à une tentative pour rompre
avec cette façon de penser 62 • » Schrôdinger n'abandonna
jamais son interprétation de la mécanique ondulatoire et sa
tentative pour rendre les phénomènes atomiques représentables. «je ne peux pas m'imaginer un électron en train de
sauter comme une puce 63 »,dit-il unjour.
