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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
Schrôdinger proposa finalement que la fonction d'onde
d'un électron était intimement liée à la répartition en nuage
de sa charge électrique tandis qu'il se mouvait dans l'espace.
En mécanique ondulatoire, la fonction d'onde n'était pas une
grandeur susceptible d'être directement mesurée parce
qu'elle était ce que les mathématiciens appellent un nombre
complexe. Le nombre 4+3i en est un exemple ; il consiste en
deux parties, l'une «réelle», l'autre «imaginaire», 4 est un
nombre ordinaire, c'est la partie «réelle» du nombre
complexe 4+3i. La partie «imaginaire», 3i, n'a pas de signification physique parce que i est la racine carrée de -1. La
racine carrée d'un nombre est simplement un autre nombre
qui, multiplié par lui-même, redonne le premier. La racine
carrée de 4 est 2 puisque 2 x 2 = 4. Il n'existe pas de nombre
qui, multiplié par lui-même, soit égal à -1. Tandis que
1 x 1 = 1, -1 x -1 est lui aussi égal à 1, puisque d'après les lois
de l'algèbre, moins par moins donne plus.
La fonction d'onde n'était pas observable; c'était quelque
chose d'intangible qu'on ne pouvait mesurer. Toutefois, le
carré d'un nombre complexe donne un nombre réel associé
avec quelque chose qu'on peut réellement mesurer au
laboratoire 43 • Le carré de 4+3i est 25 44 • Schrôdinger pensait que
le carré de la fonction d'onde d'un électron l'l'(x,t) 1 2 mesurait
la densité étalée de la charge électrique à l'endroit x à
l'instant t.
Schrôdinger introduisit comme partie intégrante de son
interprétation de la fonction d'onde le concept de «paquet
d'onde» pour représenter l'électron puisqu'il contestait
l'idée même que les particules puissent exister. Il soutenait
qu'un électron n'était une particule «qu'en apparence» et
non en réalité, malgré des preuves expérimentales écrasantes de sa nature corpusculaire. Schrôdinger croyait qu'un
électron corpusculaire était une illusion. En réalité, il n'y
avait que des ondes. Toute manifestation d'un électron
corpusculaire était due à un groupe d'ondes matérielles
superposées en un paquet d'ondes. Un électron en mouvement ne serait alors qu'un paquet d'ondes progressant
comme l'impulsion déclenchée lorsqu'on secoue une corde
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