«UN SURSAUT ÉROTIQUE TARDIF»
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confia-t-il à Pascual Jordan. Lisez l'article soigneusement et
religieusement 27 • » Peu de temps après, en juin, Born décrivit
la mécanique ondulatoire comme « la forme la plus profonde
des lois quantiques 28 ».
La conversion apparente de Born à la mécanique ondulatoire ne « fit pas tellement plaisir 29 » à Heisenberg, comme
il le dit à Jordan. Bien qu'il reconnaisse que l'article de
Schrôdinger était « incroyablement intéressant 30 » avec son
recours à des mathématiques plus familières, Heisenberg
croyait fermement qu'en matière de physique sa mécanique
matricielle décrivait mieux ce qui se passait au niveau
atomique. «D'emblée, Heisenberg ne partageait pas mon
opinion que votre mécanique ondulatoire est physiquement
plus significative que notre mécanique quantique 31 », confia
Born à Schrôdinger en mai 1927. Ce n'était déjà plus un
secret pour personne. Et Heisenberg ne voulait pas le cacher
non plus. Les enjeux étaient trop élevés.
Lorsque arriva l'été 1925, il n'y avait toujours pas de mécanique quantique - la théorie qui ferait pour la physique
atomique ce que la mécanique newtonienne avait fait pour la
physique classique. Un an plus tard, il y avait deux théories
concurrentes, aussi incompatibles que les ondes et les particules. Mais qui donnaient des réponses identiques quand on les
appliquait aux mêmes problèmes. Quel était donc le rapport
- à supposer qu'il y en ait un - entre la mécanique matricielle
et la mécanique ondulatoire ? Schrôdinger commença à se
pencher sur la question dès qu'il eut achevé ce premier
article novateur, ou un peu plus tard. Au bout de deux
semaines, il ne trouva pas de lien. « Par conséquent, écrivit-il
à Wilhelm Wien, j'ai moi-même renoncé à poursuivre mes
recherches 32 • » Il était à peine déçu et avoua que «le calcul
matriciel m'était déjà insupportable bien avant que je songe
de près ou de loin à ma théorie 33 ».Mais il ne put s'empêcher
de creuser jusqu'à ce qu'il ait trouvé le lien, au début du mois
de mars.
Ces deux théories qui semblaient si différentes tant par la
forme que par le contenu, l'une employant des équations
d'onde et l'autre l'algèbre matriciel, l'une décrivant des
ondes et l'autre des particules, étaient mathématiquement
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