LE MAGICIEN DU QUANTUM
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valait mieux que je garde le silence au lieu de parler
anglais 64 • » Sa préférence pour le silence, héritage d'une
enfance et d'une adolescence profondément malheureuses,
deviendrait légendaire.
Dirac s'intéressait aux sciences pures, mais il se conforma à
l'avis de son père et s'inscrivit en électrotechnique à l'université de Bristol. Trois ans plus tard, bien qu'il ait obtenu son
diplôme avec mention très bien, il n'arrivait pas à trouver de
poste d'ingénieur. Comme les perspectives d'emploi étaient
peu encourageantes dans le marasme persistant de l'aprèsguerre en Grande-Bretagne, Dirac accepta une bourse
d'études de deux ans pour suivre des cours de mathématiques
dans son université d'origine. Il aurait préféré l'inscription
qu'on lui proposait à Cambridge, mais la bourse qu'il avait
obtenue était insuffisante pour couvrir tous les frais entraînés
par les études dans cette université prestigieuse. Toutefois, en
1923, après avoir obtenu sa licence en mathématiques, il
arriva finalement à Cambridge comme étudiant en doctorat
avec l'aide d'une bourse du ministère de la Recherche scientifique et industrielle. Son directeur de thèse était le gendre
de Rutherford, Ralph Fowler.
Dirac maîtrisait parfaitement la théorie einsteinienne de la
relativité, qui avait fait grand bruit dans le monde entier en
1919 quand il était encore élève-ingénieur, mais connaissait
très mal l'atome quantique de Bohr, concept déjà vieux de
dix ans. jusqu'à son arrivée à Cambridge, Dirac avait toujours
tenu les atomes pour « des objets très hypothétiques 65 » qui
ne valaient guère la peine qu'on s'en soucie. Il changea
bientôt d'avis et entreprit de rattraper le temps perdu.
L'existence tranquille et retirée d'un futur physicien théoricien de Cambridge était taillée sur mesure pour Dirac, timide
et introverti. On laissait les thésards travailler par eux-mêmes
soit dans leurs chambres au collège soit à la bibliothèque.
D'autres auraient eu du mal à supporter jour après jour une
absence de contacts humains, mais Dirac était ravi d'être seul
dans sa chambre à réfléchir. Même lorsqu'il s'octroyait un
moment de détente le dimanche en allant se promener, il le
faisait seul.
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valait mieux que je garde le silence au lieu de parler
anglais 64 • » Sa préférence pour le silence, héritage d'une
enfance et d'une adolescence profondément malheureuses,
deviendrait légendaire.
Dirac s'intéressait aux sciences pures, mais il se conforma à
l'avis de son père et s'inscrivit en électrotechnique à l'université de Bristol. Trois ans plus tard, bien qu'il ait obtenu son
diplôme avec mention très bien, il n'arrivait pas à trouver de
poste d'ingénieur. Comme les perspectives d'emploi étaient
peu encourageantes dans le marasme persistant de l'aprèsguerre en Grande-Bretagne, Dirac accepta une bourse
d'études de deux ans pour suivre des cours de mathématiques
dans son université d'origine. Il aurait préféré l'inscription
qu'on lui proposait à Cambridge, mais la bourse qu'il avait
obtenue était insuffisante pour couvrir tous les frais entraînés
par les études dans cette université prestigieuse. Toutefois, en
1923, après avoir obtenu sa licence en mathématiques, il
arriva finalement à Cambridge comme étudiant en doctorat
avec l'aide d'une bourse du ministère de la Recherche scientifique et industrielle. Son directeur de thèse était le gendre
de Rutherford, Ralph Fowler.
Dirac maîtrisait parfaitement la théorie einsteinienne de la
relativité, qui avait fait grand bruit dans le monde entier en
1919 quand il était encore élève-ingénieur, mais connaissait
très mal l'atome quantique de Bohr, concept déjà vieux de
dix ans. jusqu'à son arrivée à Cambridge, Dirac avait toujours
tenu les atomes pour « des objets très hypothétiques 65 » qui
ne valaient guère la peine qu'on s'en soucie. Il changea
bientôt d'avis et entreprit de rattraper le temps perdu.
L'existence tranquille et retirée d'un futur physicien théoricien de Cambridge était taillée sur mesure pour Dirac, timide
et introverti. On laissait les thésards travailler par eux-mêmes
soit dans leurs chambres au collège soit à la bibliothèque.
D'autres auraient eu du mal à supporter jour après jour une
absence de contacts humains, mais Dirac était ravi d'être seul
dans sa chambre à réfléchir. Même lorsqu'il s'octroyait un
moment de détente le dimanche en allant se promener, il le
faisait seul.
