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LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
fabricants de cartons d'emballage vantaient leurs« boîtes bon
marché à usage d'habitation 16 » tandis que des bidonvilles se
créaient dans certaines parties de la capitale.
Malgré la réalité sordide que beaucoup découvrirent en
arrivant à Berlin, l'Allemagne entrait dans une ère de croissance industrielle, de progrès technologique et de prospérité
économique sans précédent. Lorsque éclaterait la Première
Guerre mondiale, la production industrielle et la puissance
économique de l'Allemagne, principalement impulsées par
l'abolition des droits de douane intérieurs et les réparations
ge guerre françaises, ne seraient dépassées que par celles des
Etats-Unis. L'Allemagne produisait déjà plus des deux tiers de
l'acier de l'Europe, la moitié de son charbon et générait plus
d'électricité que la Grande-Bretagne, la France et l'Italie
réunies. Même la décennie de récession et d'angoisse qui
affecta l'Europe après le krach boursier de 1873 ne ralentit
que pendant quelques années le développement de l'Allemagne.
Avec l'unification vint le désir de s'assurer que Berlin, la
capitale et l'incarnation du nouveau Reich, possède la
meilleure université qui soit. On persuada le physicien le plus
célèbre d'Allemagne, Hermann von Helmholtz, de quitter
Heidelberg. Chirurgien de formation, Helmholtz, à cinquante
ans, était aussi un physiologiste renommé auteur de contributions essentielles à la compréhension du fonctionnement de
l'œil humain après son invention de l'ophtalmoscope. Cet
esprit universel connaissait sa valeur. Outre un salaire plusieurs
fois supérieur à la norme, Helmholtz exigea un superbe
nouvel institut de physique. Il était encore en construction en
1877 lorsque Planck arriva à Berlin pour y passer une année
et commença à assister aux cours de Helmholtz dans le bâtiment principal de l'université, un ancien palais situé sur
Unter den Linden, en face de l'Opéra.
En tant qu'enseignant, Helmholtz fut une sévère déception. « Il était manifeste, dit Planck plus tard, que Helmholtz
ne préparait jamais ses cours correctement 17 • » Gustav
Kirchhoff, venu lui aussi de Heidelberg pour occuper le poste
de professeur de physique théorique, était si bien organisé et
si bien préparé qu'il débitait ses cours « comme un texte
LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
fabricants de cartons d'emballage vantaient leurs« boîtes bon
marché à usage d'habitation 16 » tandis que des bidonvilles se
créaient dans certaines parties de la capitale.
Malgré la réalité sordide que beaucoup découvrirent en
arrivant à Berlin, l'Allemagne entrait dans une ère de croissance industrielle, de progrès technologique et de prospérité
économique sans précédent. Lorsque éclaterait la Première
Guerre mondiale, la production industrielle et la puissance
économique de l'Allemagne, principalement impulsées par
l'abolition des droits de douane intérieurs et les réparations
ge guerre françaises, ne seraient dépassées que par celles des
Etats-Unis. L'Allemagne produisait déjà plus des deux tiers de
l'acier de l'Europe, la moitié de son charbon et générait plus
d'électricité que la Grande-Bretagne, la France et l'Italie
réunies. Même la décennie de récession et d'angoisse qui
affecta l'Europe après le krach boursier de 1873 ne ralentit
que pendant quelques années le développement de l'Allemagne.
Avec l'unification vint le désir de s'assurer que Berlin, la
capitale et l'incarnation du nouveau Reich, possède la
meilleure université qui soit. On persuada le physicien le plus
célèbre d'Allemagne, Hermann von Helmholtz, de quitter
Heidelberg. Chirurgien de formation, Helmholtz, à cinquante
ans, était aussi un physiologiste renommé auteur de contributions essentielles à la compréhension du fonctionnement de
l'œil humain après son invention de l'ophtalmoscope. Cet
esprit universel connaissait sa valeur. Outre un salaire plusieurs
fois supérieur à la norme, Helmholtz exigea un superbe
nouvel institut de physique. Il était encore en construction en
1877 lorsque Planck arriva à Berlin pour y passer une année
et commença à assister aux cours de Helmholtz dans le bâtiment principal de l'université, un ancien palais situé sur
Unter den Linden, en face de l'Opéra.
En tant qu'enseignant, Helmholtz fut une sévère déception. « Il était manifeste, dit Planck plus tard, que Helmholtz
ne préparait jamais ses cours correctement 17 • » Gustav
Kirchhoff, venu lui aussi de Heidelberg pour occuper le poste
de professeur de physique théorique, était si bien organisé et
si bien préparé qu'il débitait ses cours « comme un texte
