RÉVOLUTIONNAIRE MALGRÉ LUI
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dait déjà à dix ans « un esprit logi~ue,, très clair » et promettait de« devenir quelqu'un de bien 1 ».A seize ans, ce n'étaient
pas les célèbres tavernes de Munich, mais ses opéras et ses
salles de concert qui attiraient le jeune Planck. Pianiste de
talent, il caressait l'idée de poursuivre une carrière de
musicien professionnel. Dans le doute, il demanda conseil
et s'entendit répliquer vertement : «Si vous avez besoin de
poser la question, vous feriez mieux d'étudier autre
chose 13 1 »
En octobre 1874, à l'âge de seize ans, il s'inscrivit à l'université de Munich et choisit d'étudier la physique, mû par le
désir naissant de comprendre le fonctionnement de la nature.
Contrairement aux Gymnasien, avec leur régime quasi militaire, les universités allemandes laissaient à leurs étudiants
une liberté presque totale. Il n'y avait guère de contrôle pédagogique de la part des enseignants et pas d'exigences fixes en
matière de programme; c'était un système qui permettait aux
étudiants d'aller d'une université à l'autre en suivant les cours
de leur choix. Tôt ou tard, ceux qui désiraient faire carrière
dans un domaine particulier suivaient les cours d'éminents
professeurs des universités les plus prestigieuses. Au bout de
trois ans à Munich, où on lui dit que « cela ne vaut plus tellement la peine de faire de la physique 14 » parce qu'il n'y avait
plus rien d'important à découvrir, Planck s'inscrivit à la
première université du monde germanophone, Berlin.
Avec la création d'une Allemagne unifiée dans le sillage de
la victoire remportée sur la France grâce à la Prusse dans la
guerre de 1870, Berlin devint la capitale d'une nouvelle et
puissante nation européenne. Les réparations de guerre françaises lui permirent de se développer rapidement tandis
qu'elle cherchait à devenir l'égale de Londres et de Paris. De
huit cent soixante-cinq mille habitants en 1871, sa population
était passée à presque deux millions en 1900, faisant de
Berlin, située au confluent de la Havel et de la Spree, la troisième métropole d'Europe 15 • Les nouveaux arrivants comprenaient entre autres des juifs fuyant les persécutions en Europe
de l'Est, notamment les pogroms de la Russie tsariste. Inévitablement, le coût de la vie et les loyers montèrent en flèche,
créant un nombre croissant de pauvres et de sans-abri. Des
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dait déjà à dix ans « un esprit logi~ue,, très clair » et promettait de« devenir quelqu'un de bien 1 ».A seize ans, ce n'étaient
pas les célèbres tavernes de Munich, mais ses opéras et ses
salles de concert qui attiraient le jeune Planck. Pianiste de
talent, il caressait l'idée de poursuivre une carrière de
musicien professionnel. Dans le doute, il demanda conseil
et s'entendit répliquer vertement : «Si vous avez besoin de
poser la question, vous feriez mieux d'étudier autre
chose 13 1 »
En octobre 1874, à l'âge de seize ans, il s'inscrivit à l'université de Munich et choisit d'étudier la physique, mû par le
désir naissant de comprendre le fonctionnement de la nature.
Contrairement aux Gymnasien, avec leur régime quasi militaire, les universités allemandes laissaient à leurs étudiants
une liberté presque totale. Il n'y avait guère de contrôle pédagogique de la part des enseignants et pas d'exigences fixes en
matière de programme; c'était un système qui permettait aux
étudiants d'aller d'une université à l'autre en suivant les cours
de leur choix. Tôt ou tard, ceux qui désiraient faire carrière
dans un domaine particulier suivaient les cours d'éminents
professeurs des universités les plus prestigieuses. Au bout de
trois ans à Munich, où on lui dit que « cela ne vaut plus tellement la peine de faire de la physique 14 » parce qu'il n'y avait
plus rien d'important à découvrir, Planck s'inscrivit à la
première université du monde germanophone, Berlin.
Avec la création d'une Allemagne unifiée dans le sillage de
la victoire remportée sur la France grâce à la Prusse dans la
guerre de 1870, Berlin devint la capitale d'une nouvelle et
puissante nation européenne. Les réparations de guerre françaises lui permirent de se développer rapidement tandis
qu'elle cherchait à devenir l'égale de Londres et de Paris. De
huit cent soixante-cinq mille habitants en 1871, sa population
était passée à presque deux millions en 1900, faisant de
Berlin, située au confluent de la Havel et de la Spree, la troisième métropole d'Europe 15 • Les nouveaux arrivants comprenaient entre autres des juifs fuyant les persécutions en Europe
de l'Est, notamment les pogroms de la Russie tsariste. Inévitablement, le coût de la vie et les loyers montèrent en flèche,
créant un nombre croissant de pauvres et de sans-abri. Des
