LE MAGICIEN DU QUANTUM
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permises. Prenant comme postulat l'observabilité de toutes
les grandeurs figurant dans ses équations, il consacra << l'inté·
gralité de ses maigres efforts » à un seul dessein, « exterminer
et remplacer correctement le concept des trajectoires orbitales que nul ne peut observer 42 ».
«Mes propres travaux n'avancent pas trop bien en ce
moment», écrivit Heisenberg à son père fin juin 1925. Guère
plus d'une semaine plus tard, il avait rédigé l'article qui
marqua le début d'une ère nouvelle dans la physique quantique. Doutant encore de ce qu'il avait accompli et de sa vraie
signification, Heisenberg expédia une copie de son article à
Pauli. En s'excusant, il lui demanda de le lire et de le lui
renvoyer sous deux ou trois jours. La raison de cette précipitation était que Heisenberg devait donner une conférence à
l'université de Cambridge le 28 juillet. Avec ses autres engagements, il ne pourrait vraisemblablement pas rentrer à
Gôttingen avant fin septembre et voulait «soit achever
[l'article] dans les derniers jours de ma présence ici, soit le
brûler 43 ». Pauli accueillit l'article « avec jubilation 44 ». Il
offrait, écrivit-il à un collègue, « un nouvel espoir, et une
jouissance renouvelée de la vie. Bien que ce ne soit pas la
solution de l'énigme, je crois qu'il est maintenant à nouveau
possible d'aller de l'avant 45 ». L'homme qui fit ce pas dans la
bonne direction était le destinataire du deuxième exemplaire
de l'article.
Max Born n'avait aucune idée de ce que Werner avait fait
depuis qu'il était rentré de la petite île en mer du Nord. Il fut
donc surpris lorsque Heisenberg lui remit l'article et lui
demanda de juger s'il valait ou non la peine d'être publié.
Débordé de travail, Born mit l'article de côté. Et lorsque, deux
jours plus tard, ille lut à tête reposée pour prononcer un jugement sur ce que Heisenberg lui avait présenté comme un
«article dément», il tomba immédiatement sous le charme. Il
lui apparut bientôt que Heisenberg manifestait une hésitation
:eeu naturelle de sa part dans les idées qu'il mettait en avant.
Etait-ce parce qu'il avait été forcé d'utiliser une bizarre règle de
multiplication ? Même à la fin de son article, il louvoyait
encore : « Si une méthode pour déterminer des données de
mécanique quantique en utilisant des relations entre gran-
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