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LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
savait pas, mais c'était son vieil ami Wolfgang Pauli, sur les
traces duquel il semblait toujours marcher, qui était derrière
l'accueil chaleureux de Bohr.
Pauli s'intéressait toujours vivement à ce que faisait Heisenberg et les deux chercheurs se tenaient mutuellement
informés de leurs toutes dernières idées. Pauli était retourné
à l'université de Hambourg lorsqu'il apprit que Heisenberg
allait passer quelques semaines à Copenhague, et il écrivit
immédiatement à Bohr. Venant d'un homme déjà célèbre
pour ses remarques acerbes, sa description de Heisenberg
comme un « talentueux génie » qui « ferait un jour puissamment avancer la science » fit grande impression sur Bohr2 2 •
Mais avant qu'arrive ce jour, Pauli était sûr que la physique de
Heisenberg devrait être soutenue par une démarche philosophique plus cohérente.
Pauli estimait que, pour triompher des problèmes affectant
la physique atomique, il était indispensable de cesser d'émettre
des hypothèses ad hoc arbitraires chaque fois que des expériences produisaient des données en désaccord avec la
théorie existante. Pareille démarche ne pourrait que masquer
les problèmes sans jamais conduire à leur solution. Vu sa
compréhension profonde de la relativité, Pauli était un fervent
admirateur d'Einstein et de la manière dont il avait échafaudé sa théorie en recourant à un nombre restreint d'hypothèses et de principes directeurs. Croyant que c'était là la
démarche correcte à adopter en physique atomique, Pauli
voulut imiter Einstein en établissant les principes philosophiques et physiques sousjacents avant de passer à l'élaboration
des outils mathématiques formels indispensables qui assuraient la cohérence de la théorie. En 1923, c'était une
démarche qui l'avait déjà plongé dans le désespoir. Il avait
certes évité d'introduire des hypothèses non justifiables, mais
il n'avait pu trouver une explication cohérente et logique de
l'effet Zeeman anormal.
«]'espère qu'alors vous ferez progresser la théorie
atomique d'une manière décisive et résoudrez plusieurs des
problèmes avec lesquels je me suis tourmenté en vain et qui
sont trop ardus pour moi, écrivit Pauli à Bohr. J'espère aussi
que Heisenberg rentrera ensuite à Gôttingen avec une atti-
LE GRAND ROMAN DE lA PHYSIQUE QUANTIQUE
savait pas, mais c'était son vieil ami Wolfgang Pauli, sur les
traces duquel il semblait toujours marcher, qui était derrière
l'accueil chaleureux de Bohr.
Pauli s'intéressait toujours vivement à ce que faisait Heisenberg et les deux chercheurs se tenaient mutuellement
informés de leurs toutes dernières idées. Pauli était retourné
à l'université de Hambourg lorsqu'il apprit que Heisenberg
allait passer quelques semaines à Copenhague, et il écrivit
immédiatement à Bohr. Venant d'un homme déjà célèbre
pour ses remarques acerbes, sa description de Heisenberg
comme un « talentueux génie » qui « ferait un jour puissamment avancer la science » fit grande impression sur Bohr2 2 •
Mais avant qu'arrive ce jour, Pauli était sûr que la physique de
Heisenberg devrait être soutenue par une démarche philosophique plus cohérente.
Pauli estimait que, pour triompher des problèmes affectant
la physique atomique, il était indispensable de cesser d'émettre
des hypothèses ad hoc arbitraires chaque fois que des expériences produisaient des données en désaccord avec la
théorie existante. Pareille démarche ne pourrait que masquer
les problèmes sans jamais conduire à leur solution. Vu sa
compréhension profonde de la relativité, Pauli était un fervent
admirateur d'Einstein et de la manière dont il avait échafaudé sa théorie en recourant à un nombre restreint d'hypothèses et de principes directeurs. Croyant que c'était là la
démarche correcte à adopter en physique atomique, Pauli
voulut imiter Einstein en établissant les principes philosophiques et physiques sousjacents avant de passer à l'élaboration
des outils mathématiques formels indispensables qui assuraient la cohérence de la théorie. En 1923, c'était une
démarche qui l'avait déjà plongé dans le désespoir. Il avait
certes évité d'introduire des hypothèses non justifiables, mais
il n'avait pu trouver une explication cohérente et logique de
l'effet Zeeman anormal.
«]'espère qu'alors vous ferez progresser la théorie
atomique d'une manière décisive et résoudrez plusieurs des
problèmes avec lesquels je me suis tourmenté en vain et qui
sont trop ardus pour moi, écrivit Pauli à Bohr. J'espère aussi
que Heisenberg rentrera ensuite à Gôttingen avec une atti-
