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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
salle de travail de dimensions modestes pour les visiteurs.
Malgré son nom, l'institut comportait un laboratoire principal au sous-sol et deux petits laboratoires au premier étage.
L'institut manquait déjà de place avec un personnel permanent de six personnes et presque une douzaine de visiteurs
qui y travaillaient. Bohr tirait déjà des plans pour agrandir les
lieux. Au cours des deux années suivantes, le terrain adjacent
fut acheté et deux nouveaux bâtiments furent ajoutés à
l'institut, doublant ainsi sa capacité. Bohr et sa famille libérèrent le premier étage pour emménager dans une grande
maison construite spécialement pour eux juste à côté. Les
travaux d'agrandissement entraînèrent une rénovation
substantielle du bâtiment d'origine: plus d'espace pour les
bureaux, une salle à manger, et un appartement indépendant
de trois pièces au dernier étage. C'est là que Pauli et Heisenberg séjournèrent souvent au fil des années.
Il y avait une chose que personne à l'institut ne voulait
manquer: l'arrivée du courrier matinal. Les lettres des parents
et amis étaient toujours bienvenues, mais c'était la correspondance émanant de collègues lointains et les revues scientifiques qu'on s'arrachait et qu'on lisait de près pour avoir les
toutes dernières nouvelles des frontières de la physique.
Cependant, tout ne tournait pas autour de la physique, même
si elle était au centre de la plupart des conversations. Il y avait
des soirées musicales, des parties de ping-pong, des randonnées, et des sorties pour voir les tout derniers films.
Heisenberg était arrivé plein d'espoir, mais au bout de
quelques jours, il dut déchanter. Il croyait pouvoir s'entretenir avec Bohr dès qu'il avait franchi le seuil de l'institut, or
c'est à peine s'il l'avait vu. Habitué à être le meilleur, Heisenberg dut brusquement affronter la meute internationale des
brillants physiciens de Bohr. Il était intimidé. Ils parlaient
tous plusieurs langues, alors qu'il avait parfois des difficultés à
s'exprimer clairement en allemand. Tandis que rien ne lui
plaisait plus que de se promener dans la campagne allemande
avec ses amis, tous ses collègues de l'institut lui semblaient
posséder une connaissance du monde qui lui échappait.
Toutefois, il n'y avait rien de plus décourageant pour lui que
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
salle de travail de dimensions modestes pour les visiteurs.
Malgré son nom, l'institut comportait un laboratoire principal au sous-sol et deux petits laboratoires au premier étage.
L'institut manquait déjà de place avec un personnel permanent de six personnes et presque une douzaine de visiteurs
qui y travaillaient. Bohr tirait déjà des plans pour agrandir les
lieux. Au cours des deux années suivantes, le terrain adjacent
fut acheté et deux nouveaux bâtiments furent ajoutés à
l'institut, doublant ainsi sa capacité. Bohr et sa famille libérèrent le premier étage pour emménager dans une grande
maison construite spécialement pour eux juste à côté. Les
travaux d'agrandissement entraînèrent une rénovation
substantielle du bâtiment d'origine: plus d'espace pour les
bureaux, une salle à manger, et un appartement indépendant
de trois pièces au dernier étage. C'est là que Pauli et Heisenberg séjournèrent souvent au fil des années.
Il y avait une chose que personne à l'institut ne voulait
manquer: l'arrivée du courrier matinal. Les lettres des parents
et amis étaient toujours bienvenues, mais c'était la correspondance émanant de collègues lointains et les revues scientifiques qu'on s'arrachait et qu'on lisait de près pour avoir les
toutes dernières nouvelles des frontières de la physique.
Cependant, tout ne tournait pas autour de la physique, même
si elle était au centre de la plupart des conversations. Il y avait
des soirées musicales, des parties de ping-pong, des randonnées, et des sorties pour voir les tout derniers films.
Heisenberg était arrivé plein d'espoir, mais au bout de
quelques jours, il dut déchanter. Il croyait pouvoir s'entretenir avec Bohr dès qu'il avait franchi le seuil de l'institut, or
c'est à peine s'il l'avait vu. Habitué à être le meilleur, Heisenberg dut brusquement affronter la meute internationale des
brillants physiciens de Bohr. Il était intimidé. Ils parlaient
tous plusieurs langues, alors qu'il avait parfois des difficultés à
s'exprimer clairement en allemand. Tandis que rien ne lui
plaisait plus que de se promener dans la campagne allemande
avec ses amis, tous ses collègues de l'institut lui semblaient
posséder une connaissance du monde qui lui échappait.
Toutefois, il n'y avait rien de plus décourageant pour lui que
