LE MAGICIEN DU QUANTUM
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analyser certaines nouvelles données expérimentales sur la
décomposition des raies spectrales dans un champ magnétique et élaborer une formule qui la reproduirait. Pauli avertit
Heisenberg que Sommerfeld escomptait la découverte de lois
nouvelles à la suite du déchiffrement de ces données inédites,
attitude qui, d'après Pauli, s'apparentait à «une sorte de
mystique des nombres. » Mais il avouait que, pour l'instant,
«personne n' [avait] rien suggéré de mieux 12 », Le principe
d'exclusion et le spin de l'électron étaient encore dans les
limbes du futur.
En ignorant les règles communément acceptées de la
physique quantique, Heisenberg pouvait aller là où d'autres,
prisonniers d'une démarche plus prudente et plus rationnelle, hésitaient à se risquer. Ce qui lui permit de construire
une théorie qui expliquait apparemment l'effet Zeeman
anormal. Heisenberg fut soulagé quand Sommerfeld, qui
avait déjà rejeté une première mouture de sa théorie, sanctionna la publication de la dernière version. Bien qu'il s'avéra
plus tard être entaché d'erreur, son premier article scientifique, écrit à vingt ans, attira sur Heisenberg l'attention des
grands physiciens européens. Bohr était l'un de ceux qui
prirent note du message.
Heisenberg rencontra Bohr pour la première fois en
juin 1922, lorsque Sommerfeld et certains de ses étudiants se
rendirent à Gôttingen pour assister à la série de conférences
de Bohr sur la physique atomique. Ce qui frappa Heisenberg,
c'est à quel point Bohr était précis dans le choix de son vocabulaire. « Chacune de ses phrases soigneusement formulées
révélait un long enchaînement de pensées sousjacentes, de
réflexions philosophiques, qui étaient sous-entendues, mais
jamais complètement exprimées 13 • » Heisenberg n'était pas le
seul à deviner que Bohr aboutissait à ses conclusions grâce à
son intuition et à son inspiration plutôt que par des calculs
détaillés. À la fin de la troisième conférence, Heisenberg se
leva pour signaler quelques difficultés qui subsistaient dans
un article dont Bohr avait fait l'éloge. Lorsque les participants
commencèrent à circuler à la fin de la discussion, Bohr trouva
Heisenberg et lui demanda s'il voulait bien l'accompagner
l'après-midi dans une randonnée dans la montagne proche.
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analyser certaines nouvelles données expérimentales sur la
décomposition des raies spectrales dans un champ magnétique et élaborer une formule qui la reproduirait. Pauli avertit
Heisenberg que Sommerfeld escomptait la découverte de lois
nouvelles à la suite du déchiffrement de ces données inédites,
attitude qui, d'après Pauli, s'apparentait à «une sorte de
mystique des nombres. » Mais il avouait que, pour l'instant,
«personne n' [avait] rien suggéré de mieux 12 », Le principe
d'exclusion et le spin de l'électron étaient encore dans les
limbes du futur.
En ignorant les règles communément acceptées de la
physique quantique, Heisenberg pouvait aller là où d'autres,
prisonniers d'une démarche plus prudente et plus rationnelle, hésitaient à se risquer. Ce qui lui permit de construire
une théorie qui expliquait apparemment l'effet Zeeman
anormal. Heisenberg fut soulagé quand Sommerfeld, qui
avait déjà rejeté une première mouture de sa théorie, sanctionna la publication de la dernière version. Bien qu'il s'avéra
plus tard être entaché d'erreur, son premier article scientifique, écrit à vingt ans, attira sur Heisenberg l'attention des
grands physiciens européens. Bohr était l'un de ceux qui
prirent note du message.
Heisenberg rencontra Bohr pour la première fois en
juin 1922, lorsque Sommerfeld et certains de ses étudiants se
rendirent à Gôttingen pour assister à la série de conférences
de Bohr sur la physique atomique. Ce qui frappa Heisenberg,
c'est à quel point Bohr était précis dans le choix de son vocabulaire. « Chacune de ses phrases soigneusement formulées
révélait un long enchaînement de pensées sousjacentes, de
réflexions philosophiques, qui étaient sous-entendues, mais
jamais complètement exprimées 13 • » Heisenberg n'était pas le
seul à deviner que Bohr aboutissait à ses conclusions grâce à
son intuition et à son inspiration plutôt que par des calculs
détaillés. À la fin de la troisième conférence, Heisenberg se
leva pour signaler quelques difficultés qui subsistaient dans
un article dont Bohr avait fait l'éloge. Lorsque les participants
commencèrent à circuler à la fin de la discussion, Bohr trouva
Heisenberg et lui demanda s'il voulait bien l'accompagner
l'après-midi dans une randonnée dans la montagne proche.
