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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
jusqu'à ce qu'il ait intégralement reconstitué tous les
éléments de la table périodique.
Au cœur de la démarche de Bohr résidait sa conviction que
les règles quantiques s'appliquent à l'échelle atomique, mais
que toute conclusion qu'on pourrait en tirer ne doit pas
entrer en conflit avec des observations effectuées à l'échelle
macroscopique, là où s'applique la physique classique. Ce
«principe de correspondance», ainsi qu'il l'avait nommé, lui
permit d'éliminer à l'échelle atomique des idées qui, une fois
extrapolées, ne correspondaient pas aux résultats dont on
savait qu'ils étaient corrects en physique classique. Depuis
1913, le principe de correspondance aidait Bohr à réduire
l'écart entre le quantique et le classique. D'aucuns le considéraient comme «une baguette magijue [ ... ] qui ne fonctionnait pas en dehors de Copenhague 0 », se rappela l'assistant
de Bohr, Hendrik Kramers. D'autres auraient peut-être eu du
mal à l'agiter, mais Einstein reconnut là un collègue sorcier
au travail.
Quelles qu'aient pu être les réserves concernant le manque
de mathématiques pures et dures pour sous-tendre la théorie
de Bohr appliquée à la table périodique, tout le monde avait
été impressionné par les dernières idées du Danois et acquis
une meilleure appréciation des problèmes restant à résoudre.
« Mon séjour à Gôttingen a été de bout en bout une expérience merveilleuse et instructive, écrivit Bohr après son
retour à Copenhague, etje ne peux dire à quel pointj'ai été
enchanté de l'amitié que tout le monde m'a témoignée 81 • »Il
ne se sentait plus sous-estimé ni isolé. Dans le courant de
l'année, il en eut encore une fois la confirmation, si besoin
était.
Les télégrammes de félicitations s'accumulaient sur le
bureau de Bohr à Copenhague, mais aucun ne le toucha plus
que celui envoyé de Cambridge. «Nous sommes enchantés
que vous ayez reçu le prix Nobel, écrivait Rutherford. Je sais
que ce n'était qu'une simple question de temps, mais rien ne
vaut le fait accompli. C'est la reconnaissance bien méritée de
vos sublimes travaux et tout le monde ici est ravi d'apprendre
la nouvelle 82 • » Dans les jours qui suivirent l'annonce du prix
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
jusqu'à ce qu'il ait intégralement reconstitué tous les
éléments de la table périodique.
Au cœur de la démarche de Bohr résidait sa conviction que
les règles quantiques s'appliquent à l'échelle atomique, mais
que toute conclusion qu'on pourrait en tirer ne doit pas
entrer en conflit avec des observations effectuées à l'échelle
macroscopique, là où s'applique la physique classique. Ce
«principe de correspondance», ainsi qu'il l'avait nommé, lui
permit d'éliminer à l'échelle atomique des idées qui, une fois
extrapolées, ne correspondaient pas aux résultats dont on
savait qu'ils étaient corrects en physique classique. Depuis
1913, le principe de correspondance aidait Bohr à réduire
l'écart entre le quantique et le classique. D'aucuns le considéraient comme «une baguette magijue [ ... ] qui ne fonctionnait pas en dehors de Copenhague 0 », se rappela l'assistant
de Bohr, Hendrik Kramers. D'autres auraient peut-être eu du
mal à l'agiter, mais Einstein reconnut là un collègue sorcier
au travail.
Quelles qu'aient pu être les réserves concernant le manque
de mathématiques pures et dures pour sous-tendre la théorie
de Bohr appliquée à la table périodique, tout le monde avait
été impressionné par les dernières idées du Danois et acquis
une meilleure appréciation des problèmes restant à résoudre.
« Mon séjour à Gôttingen a été de bout en bout une expérience merveilleuse et instructive, écrivit Bohr après son
retour à Copenhague, etje ne peux dire à quel pointj'ai été
enchanté de l'amitié que tout le monde m'a témoignée 81 • »Il
ne se sentait plus sous-estimé ni isolé. Dans le courant de
l'année, il en eut encore une fois la confirmation, si besoin
était.
Les télégrammes de félicitations s'accumulaient sur le
bureau de Bohr à Copenhague, mais aucun ne le toucha plus
que celui envoyé de Cambridge. «Nous sommes enchantés
que vous ayez reçu le prix Nobel, écrivait Rutherford. Je sais
que ce n'était qu'une simple question de temps, mais rien ne
vaut le fait accompli. C'est la reconnaissance bien méritée de
vos sublimes travaux et tout le monde ici est ravi d'apprendre
la nouvelle 82 • » Dans les jours qui suivirent l'annonce du prix
