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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
tique de Rayleigh lorsqu'on le pressa de donner son opinion
sur l'atome de Bohr. En privé, toutefois, Rayleigh ne croyait
pas « que la Nature se comporte de cette façon » et avouait
qu'il avait « du mal à accepter [le modèle de Bohr] comme
une image de ce qui se passe dans la réalitë 7 », Thomson
reprochait à la quantification de l'atome d'être totalement
inutile. James Jeans était d'un avis différent. Il fit remarquer à
la salle bondée que la seule justification que le modèle de
Bohr puisse exiger était «celle, très déterminante, du
' ~
sucees »,
Sur le continent, l'atome quantique se heurta à l'incrédulité. «C'est absurde de bout en bout! Les équations de
Maxwell sont valides en toutes circonstances, s'écria Max von
Laue lors d'une discussion animée. Un électron sur une
orbite circulaire doit émettre un rayonnement~ 9 • » L'atome
quantique de Bohr« m'a poussé au désespoir 40 »,avouait Paul
Ehrenfest à Hendrik Lorentz. «Si c'est là le moyen
d'atteindre le ,but, poursuivait-il, il faut que j'abandonne la
physique 41 • » A Gôttingen, Harald Bohr signala que les
travaux de son frère suscitaient beaucoup d'intérêt, mais
que ses hypothèses étaient jugées trop « audacieuses » et
« fantasmagoriques 42 »,
Un des premiers triomphes de la théorie de Bohr emporta
l'adhésion de certains physiciens, dont Einstein. Bohr prédit
qu'une série de raies du spectre solaire primitivement attribuées à l'hydrogène appartenaient en réalité à l'hélium
ionisé - un atome d'hélium qui a perdu un de ses deux électrons. Cette interprétation des « raies de Pickering-Fowler »
contredisait celle de ses découvreurs. Qui avait raison ? La
question fut tranchée par l'un des membres de l'équipe de
Rutherford après une étude détaillée des raies spectrales
menée à l'instigation de Bohr. Juste à temps pour la réunion
de la BAAS à Birmingham, on trouva que le Danois avait eu
raison d'attribuer les raies de Pickering-Fowler à l'hélium.
Einstein apprit la nouvelle pendant un congrès à Vienne fin
septembre, de la bouche de George Hevesy: «Les grands
yeux d'Einstein, raconta Hevesy dans une lettre à Rutherford,
s'agrandirent encore et il me dit: "Alors, c'est l'une des plus
grandes découvertes." 4 ~ »
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